Maitrise des projets complexes: le prélèvement à la source

Le 5 mars 2018, le Club a donné la parole à Maryvonne LE BRIGNONEN. Directrice du projet « Prélèvement à la source » (PAS) rattaché à la DGFIP et à la DLF . Elle a présenté ce grand programme de transformation que représente le PAS.

La loi de finances pour 2017 prévoit la mise en place du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu fixée ensuite au 1er janvier 2019. Ainsi en 2019 par ordonnance du 22 septembre 2017, nous payerons l’impôt sur les revenus 2019. Grâce au mécanisme du crédit d’impôt modernisation du recouvrement (CIMR), aucun impôt ne sera dû sur les revenus non exceptionnels de 2018 qui entrent dans le champ de la réforme.

Maryvonne LE BRIGNONEN a divisé son exposé en 4 parties:

  1. Quelques rappels sur la réforme
  2. Le dispositif déclaratif
  3. La préparation de la DGFIP
  4. Le déroulement de l’année 2018

 

1 Rappels sur la réforme

Le Conseil des ministres du 17 juin 2015 a entériné la décision de mettre en place le prélèvement à la source (PAS). Initialement cette disposition devait être mise en œuvre au premier janvier 2018. Le Président Emmanuel MACRON a repoussé ce démarrage au 1er janvier 2019.

Cette réforme n’est pas une modernisation de l’administration fiscale. L’objectif de la réforme concerne essentiellement la taxation contemporaine des revenus. Elle vise à répondre aux difficultés posées par le système actuel : le décalage d’un an entre la perception d’un revenu et le paiement de l’impôt correspondant, ainsi que la nécessité de se constituer une épargne de précaution.
La taxation contemporaine permet une variation automatique de l’assiette de prélèvement et une adaptation du taux à la situation des contribuables. L’objectif est également de minimiser, pour ce dernier, la régularisation annuelle qui est aujourd’hui due le 15 septembre.

Les principes retenus sont au nombre de trois.
1. Une réforme du recouvrement, sans modification des modalités d’établissement de l’assiette de l’impôt et de son calcul
2. L’absence de double prélèvement en trésorerie en 2019 sur les revenus qui rentrent dans le champ de la réforme et qui sont non exceptionnels.
3. Le maintien de la campagne déclarative et de la campagne des avis en N+1, car ces déclarations permettent de recueillir des informations auprès des usagers dont l’administration ne peut pas disposer en cours d’année. Cette disposition permet également d’acquérir les informations nécessaires au calcul de la taxe d’habitation et aux taxes associées telle que la redevance audiovisuelle.

 

Table des matières

1 Rappels sur la réforme
1.1 Le calcul du prélèvement à la source
1.2 L’Année de transition (Revenus de l’année 2018)
2 Le dispositif déclaratif
2.1 Les déclarations : DSN ou PASRAU
2.2 La fréquence
2.3 La « maille » déclarative
2.4 Les déclarations rectificatives
2.5 Le lieu de dépôt
2.6 Le reversement du PAS
2.7 Le contenu de la déclaration
2.8 Zoom sur le taux
2.9 Un nouveau service offert pour récupérer les taux personnalisés
2.10 Documentation : Mise à jour au 31 janvier 2018
3 La préparation de la DGFIP
3.1 Gouvernance informatique du projet
3.2 Une organisation ad hoc avec le GIP MDS
3.3 Travaux de fiabilisation des états civils dans le cadre du PAS
3.4 Un dispositif de formation de grande ampleur
4 Déroulement de l’année 2018
5 Conclusion
6 Pour aller plus loin

 

1.1 Le calcul du prélèvement à la source

L’établissement du taux de prélèvement à la source
Le principe de la réforme est qu’à chaque revenu imposable à l’impôt sur le revenu sera appliqué un taux de prélèvement à la source personnalisé, qui sera calculé par la DGFiP sur la base du revenu de (N-2).
Le taux sera mis à jour automatiquement (rafraichi) le 1er septembre à l’issue de la taxation des revenus. Ce taux varie en fonction de la situation personnelle (mariage, pacs,…) de l’évolution des revenus. L’usager pourra faire état de ces changements en cours d’année et le taux pourra ainsi être adapté en permanence à la situation de la personne si sa situation respecte certains critères.
Deux options possibles :
– Option pour l’individualisation du taux de prélèvement au sein du couple, utile si les niveaux de revenus des deux personnes sont très différents. Le calcul des deux taux reste, bien entendu, du ressort de l’administration fiscale.
– Option pour la non-transmission du taux à l’employeur (taux non personnalisé). Dans ce cas l’employeur appliquera le taux applicable à un célibataire. Ce taux sera mécaniquement, souvent supérieur au taux réel car il ne prend pas en compte la situation de famille de la personne. Le salarié peut demander à l’administration fiscale de ne pas transmettre de taux à son employeur.
– Option pour le paiement trimestriel (au lieu de mensuel) des acomptes contemporains

L’usager aura l’obligation de signaler ses changements de situation de famille afin que la DGFiP recalcule automatiquement le nouveau taux.

Maryvonne LE BRIGNONEN fait remarquer que les taux en France sont « écrasés » et que c’est l’assiette qui fait l’essentiel de l’impôt sur le revenu. (Le taux moyen est de 6%)

Le taux sera disponible dès la fin de la déclaration en ligne. Il figurera sur l’avis d’imposition et également dans l’espace personnel de l’usager sur impots.gouv.fr.
NOTE – Le taux est confidentiel et sa divulgation pénalement sanctionnée
Pour les revenus versés par un tiers, le calcul du prélèvement par le collecteur
Le taux de prélèvement sera transmis par l’administration fiscale au collecteur de manière dématérialisée et automatique. Ce prélèvement correspondra à l’application du taux au revenu net imposable. En l’absence de taux transmis par l’administration, le collecteur appliquera un taux non personnalisé sur la base d’un barème publié chaque année. Pour les revenus non versés par un tiers, la DGFiP calculera un échéancier annuel de prélèvements mensuels ou trimestriels sur la base des revenus (N-2) et du taux. L’usager pourra moduler son assiette de prélèvement ainsi que son taux selon certaines conditions

1.2 L’Année de transition (Revenus de l’année 2018)

Les collecteurs ne sont pas concernés par l’année de transition, notamment, ils n’auront pas à qualifier le caractère exceptionnel d’un revenu versé. D’autre part l’administration fiscale met à la disposition des collecteurs un kit d’informations téléchargeable depuis le net (impots.gouv.fr) . Ce kit contient la réponse à beaucoup de questions techniques et juridique ; il met également, à la disposition des collecteurs, des outils de communication directement utilisables. Les informations concernant le PAS seront envoyées aux collecteurs en septembre. Les collecteurs ont la possibilité de faire apparaître le montant du PAS sur les bulletins de salaire à partir du mois d’octobre 2018. Mais ceci n’est qu’une facilité et non une obligation.

Un principe : pas de double prélèvement en trésorerie

L’impôt sur les revenus de 2017 sera payé en 2018

L’impôt sur les revenus de 2019 sera payé à partir de janvier 2019

L’impôt normalement dû au titre des revenus non exceptionnels perçus en 2018 sera annulé par le biais d’un crédit d’impôt spécifique (CIMR : crédit d’impôt modernisation du recouvrement), calculé automatiquement par l’administration fiscale sur la base de la déclaration des revenus 2018 déposée au printemps 2019.
Il resterait dû sur les revenus exceptionnels ou hors du champ de la réforme (ex : RCM )
• Le bénéfice des RI-CI acquis en 2018 sera conservé
• Des mesures anti-abus viendront éviter les comportements d’optimisation

L’intégralité du compte-rendu est réservée à nos adhérents…

 




Intelligence artificielle: état de l’art et perspectives

Le 8 janvier 2018, le Club MOA a donné la parole à Jean Pierre HUIN, secrétaire du Club MOA.

Ingénieur du Conservatoire National des Arts et Métiers de formation, Jean-Pierre HUIN a exercé des fonctions variées au cours de sa carrière professionnelle, notamment comme Ingénieur système, spécialiste des problèmes de conception des programmes complexes, puis responsable d’équipes de maîtrise d’ouvrage. Aujourd’hui retraité, Jean-Pierre HUIN s’est intéressé très tôt à l’intelligence artificielle. Il a proposé de partager son intérêt avec l’ensemble des membres du Club, en présentant un « état de l’art » puis en abordant les répercussions du développement de l’IA sur la société dans les prochaines années.

1 Définition

Il est difficile de donner une définition de l’intelligence. C’est un concept flou qui dépend beaucoup de la personne qui en parle. On peut parler de l’intelligence mathématique, de l’intelligence analytique ou de l’intelligence de l’âme. Dans le cadre de l’IA, on peut tenter de définir l’intelligence par ses caractéristiques. Un système d’IA permet :

  • D’apprendre
  • De comprendre
  • De s’adapter à des situations nouvelles
  • De traiter une information en vue d’un objectif
  • De communiquer avec son environnement

La caractéristique qui peut donner lieu à une controverse est la « Compréhension » qui est une notion par essence complexe.

Apparition de l’IA

L’IA repose sur une conjecture, et suppose :

  1. Que les caractéristiques de l’intelligence humaine puissent être précisément décrites
  2. Qu’une machine soit capable de simuler ces caractéristiques

L’IA apparaît dès que deux processus parallèles arrivent à maturité et se rejoignent:

  1. L’évolution des idées concernant la nature de l’intelligence et de la pensée humaine
  2. L’invention de machines capable de traiter de l’information et en particulier de calculer

L’IA est une discipline à la croisée des chemins. Elle fait appel notamment à :

  • La philosophie (Raisonnement, logique)
  • Les mathématiques (Logique, simulation, probabilités, statistiques)
  • La linguistique (Syntaxe, sémantique)
  • L’informatique (Méthodes, outils)
  • La biologie (Génomique, mimétisme)
  • Les neurosciences (Simulation, mimétisme, modélisation)
  • La psychologie (Reconnaissance, modèles cognitifs)

 

2 Historique

Rapidement évoquées, les réflexions et techniques de base de l’IA datent des années 1940 / 1950. JP HUIN cite quelques scientifiques dont les contributions à la naissance de cette discipline ont été fondamentales.

  • Norbert WIENER Le père de la cybernétique, voyait l’intelligence comme une boite noire fonctionnant essentiellement sur des processus de feedback
  • Warren Mc CULLOCH et Walter PITTS inventeurs du concept de neurone formel
  • Donald HEBB, inventeur de la règle qui porte son nom et qui décrit le fonctionnement d’un processus de mémoire et de fonctionnement entre deux neurones.
  • Herbert SIMON inventeur du concept de rationalité et Allen NEWELL utilisant le concept d’heuristique pour modéliser le processus de décision du cerveau.

Traditionnellement on fixe la naissance de l’IA en 1956, au Dartmouth College, où 4 scientifiques (J. Mc CARTHY, M. MINSKY, N. ROCHESTER, C.E SHANNON) posent les bases de ce qui deviendra l’IA.
A partir de cette époque de nombreux scientifiques vont apporter leur pierre à l’édifice :
F. ROSENBLATT, H. GELERNTER, O. SELFRIDGE, N. CHOMSKY, E. FEIGENBAUM, E. SHORTLIFFE, J. HOPFIELD et d’autres. La discipline connaît durant ces 60 ans des périodes d’enthousiasme et de déprime tant sur le plan scientifique que sur le plan financier et même moral.

Se demander si un ordinateur sait penser est aussi intéressant que se demander si un sous-marin sait nager. (Edsger DIJKSTRA)

L’IA demain

  • Aujourd’hui : Une informatique encore traditionnelle – Algorithme fait à la main
  • En cours : Le deep learning – des Réseaux de neurones de 10 à 30 couches – non auditable
  • Demain : Une IA de transfert learning. Quand on sait quelque chose dans un secteur on peut l’appliquer à un autre secteur. (2025 / 2035)
  • Après-demain ou jamais : Une IA dotée d’une conscience artificielle (film Ex-Machina) Une IA qui aurait un but propre et qui ne serai pas seulement à notre service.

3 Le modèle biologique

A partir du moment où on parle de neurone formel, il convient de décrire le neurone naturel et son fonctionnement afin de mesurer avec exactitude la différence entre les deux et en quoi cette dénomination peut prêter à des erreurs d’interprétation.

Le neurone est une cellule particulière, constitutive du cerveau humain. Chaque personne en compte environ entre 86 et 90 milliards. Chaque neurone est connecté à d’autres neurones via un système synaptique. Le nombre de synapses auquel un neurone est connecté varie de 1 à 100 000, en moyenne 10 000 connexions pour un neurone.

Une animation a clairement montré le fonctionnement d’un neurone et le mécanisme de la transmission des signaux. (Transmission saltatoire)

4 Le concept d’apprentissage

Dans cette partie de l’exposé, JP HUIN a expliqué le mécanisme de base du « Machine Learning » à partir d’un exemple simple : Au cours d’une promenade en forêt le relevé, pour une même essence d’arbre, de deux caractéristiques ! Hauteur et diamètre du tronc. L’ensemble des mesures peut-être porté sur un graphique orthonormé. Une régression linéaire (donc calcul du coefficient angulaire, a, et de l’ordonnée à l’origine, b) permet de faire une prédiction de la hauteur d’un arbre pour un diamètre connu. Une autre manière d’aborder la problématique et de mettre en place un algorithme qui va faire varier a et b et trouver les meilleures valeurs qui vont définir une droite passant le plus près possible de tous les points du graphique.

Le « Machine Learning » consiste à « éduquer » un système de sorte que lorsqu’on lui confie des données d’entrée, il soit capable de réaliser une prédiction sur les données de sortie.
Dans l’exemple ci-dessus, on entre le diamètre du tronc et le système prédit la hauteur de l’arbre. Il est assez facile de comprendre que plus l’éducation du système sera complète et dense plus la prédiction sera bonne.

Exemple opérationnel : détection de fraude à la carte de paiement. On entre des données telles que nature de la transaction, lieu, montant, date et on demande à l’algorithme si la transaction est une tentative de fraude.

En matière d’IA, une des applications phare du « Machine Learning » est la reconnaissance d’image. On présente à l’algorithme une image et on lui demande de déterminer si c’est un fruit, une lampe, une voiture ou un chat. C’est un problème très complexe.

5 Le « Deep Learning »

Le « Deep Learning » est un cas particulier du « Machine Learning ». Il repose sur la mise en réseau de neurone formel (ou neurone artificiel).
Le neurone formel

Un neurone formel est une construction mathématique, (analogue à la droite précédente) qui met en relation des entrées et une sortie.

Artificial Neuron Modelisation
Artificial Neuron Modelisation (source: wikipedia)

A chaque entrée on affecte un coefficient (poids synaptique). Ce poids varie et peut s’ajuster. Quand la somme est supérieure à S le neurone artificiel renvoie 1, sinon il renvoie 0. Les poids sont comme les coefficients a et b de la droite précédente.

Un neurone seul ne fait pas grand-chose. On les « empile » pour réaliser des fonctions très complexes. On obtient un réseau de neurones artificiels
Un réseau de neurones n’est pas fait pour reproduire le fonctionnement de notre cerveau, c’est juste une construction mathématique qui s’en inspire. Ces réseaux de neurones sont polyvalents. On peut les adapter à un grand nombre d’entrées et de sorties. Mais conceptuellement on les utilise comme la droite du premier exemple.

Premier point fondamental.

Les réseaux de neurones sont spécialisés. Si, par exemple, on entraîne un réseau de neurones à analyser des radiographies du thorax, il sera incapable de reconnaître une automobile sur une image. Ceci est un point fondamental des technologies et développements actuels.

Second point fondamental

La mise en œuvre d’un réseau de neurones comprend deux étapes.
La première est l’éducation. On présente au réseau un ensemble d’entrées, par exemple des images d’automobile. Un algorithme ajuste au fil de l’apprentissage les poids synaptiques de chaque neurone(Pn) et les seuils S. Plus on présente d’exemples (en général plusieurs centaines de milliers) plus le réseau sera performant.

Lorsque c’est terminé le réseau est prêt. Il est capable de faire une prédiction si on lui présente une nouvelle entrée. Le modèle est du type « Boite Noire » on ne sait pas interpréter la fonction mathématique qui a été mise en jeu. C’est un second point fondamental.

Types d’apprentissage

  • apprentissage supervisé : le système dispose d’exemples sous forme de couples (entrée, sortie attendue), et parfois de contre exemples et est capable de construire statistiquement une règle de décision qu’il appliquera par analogie.
  • apprentissage non supervisé : le système dispose d’entrées uniquement et les classe selon des critères, essentiellement statistiques, qu’il appliquera pour discriminer les nouvelles entrées.

La reconnaissance d’image a vraiment démarré en 2012. Lors du concours annuel de performance des algorithmes de reconnaissance d’images du «Stanford Vision Lab » un algorithme de « Deep learning » a pulvérisé les performances. Paul WERBOS, Geoffrey HINTON, Yann LECUN sont les principaux artisans de cette réussite qui a relancé la discipline. Ils ont mis au point les algorithmes basés sur la rétro-propagation du gradient d’erreur inventé par John HOPFIELD. Ces techniques, qui sont grosses consommatrices de puissance de calcul, s’appuient sur les GPU (graphic Processor Unit) dont la puissance a littéralement explosé depuis quelques années. Enfin, le dernier élément accélérateur est la mise à disposition de centaines de millions d’images disponibles sur les réseaux internet. Ces images permettent une excellente éducation des réseaux. Chaque jour 800 millions d’images sont ajoutées sur Facebook, par exemple.

Actuellement on peut fabriquer des réseaux qui ont une centaine de couches et plusieurs millions de neurones artificiels.
Enfin, le plus intriguant (et le plus étonnant), reste la capacité à transformer les réseaux « Deep Learning » en modèle génératif. Un réseau de neurones entraîné, par exemple à reconnaître des images de motos, peut être transformé en modèle génératif. On lui demande de générer des images de motos et il est capable de générer des milliers d’images différentes de motos.

IA forte et IA faible

Les spécialistes ne sont pas tous d’accord sur la définition ci-après.

IA FORTE : l’intelligence artificielle forte, ou ascendante, est l’approche la plus similaire du comportement humain.

IA FAIBLE : l’IA faible, ou descendante, vise principalement à reproduire le plus fidèlement possible, à l’aide d’un programme informatique, le résultat d’un comportement spécifique observé à l’avance et ne donnant pas d’application non prévue.

En suivant cette définition, observons que tous les systèmes actuels relèvent de l’IA faible.

6 Au cœur du sujet

L’IA nous renvoie à des questions importantes :

  • L’accélération technologique
  • La violence : drones tueurs autonomes
  • L’impréparation : Le monde politique semble absent, l’école n’enseigne pas comment vivre et travailler avec des systèmes IA, le pays ne semble pas prêt à la révolution qui avance.
  • Un trou noir de valeurs : Les entreprises qui ne sont pas dans l’IA ou qui ne l’utilisent pas prennent des risques importants. Les GAFAM et BATX approchent les 1000 milliards de dollars de capitalisation boursière.

Exemple : WHATSAPP, 4 ans d’existence, 55 salariés, vendu 23 milliards de dollars à Facebook !

  • Une désynchronisation entre le temps politique et le temps technologique
  • La notion d’IA renvoie au QI des personnes. Lorsque tout sera automatisé que deviendront ces naufragés du numérique.
  • L’IA génère un vertige démocratique : ce sont les entrepreneurs qui créent et organisent le futur.
  • La fin de la vie privée à cause des réseaux sociaux mais également à cause des capacités d’analyse de l’IA
  • L’augmentation des écarts : la concentration des richesses, la superposition des pouvoirs aux mêmes endroits.
  • Enfin l’IA est-elle liberticide ?

Fiévreusement, l’homme vit ce paradoxe, prédit depuis si longtemps, par les maîtres de la science-fiction: il est servi par une technologie qui l’asservit. Une technologie qui, certes, le libère de contraintes matérielles. Mais une technologie liberticide. Car l’homme d’aujourd’hui gagne en confort et en efficacité ce qu’il perd déjà en secret et en liberté. (Frédéric SICARD – Bâtonnier du Barreau de Paris)

Une nouvelle économie

Cette nouvelle économie se caractérise par un phénomène de « plateformisation ». Les GAFAM, et autres Baidu, Tencent, Ali Baba ou Xiaomi sont les champions incontestés de ce schéma. Leur développement, appuyé sur les réseaux internet, est quasi-exponentiel.

De fait, nous sommes en présence d’une « oligopolisation » de l’économie.
Les sociétés et les personnes vont devoir s’adapter. Les métiers vont changer.

Exemples : Un système d’IA est capable de détecter 14 pathologies différentes en analysant des radios du thorax et ce en quelques secondes. (Annoncé par une université américaine en décembre 2017)

Des métiers vont disparaître, d’autres vont se révéler. Il est cependant probable que ces nouveaux métiers demandent des capacités intellectuelles importantes.

Une nouvelle société va progressivement émerger. La question qui va se poser et sur laquelle il convient probablement de réfléchir déjà :

Comment régule-t-on une société profondément inégalitaire avec un nouveau type d’inégalité : la complémentarité ou la non complémentarité des personnes face à l’IA ?

Il y a une énorme prime pour les personnes les plus intelligentes, les plus innovantes, les plus adaptables, les plus entreprenantes

Dans cette économie qui émerge, ceux qui ont déjà une position majeure sont clairement avantagés. On peut se référer à la loi de Metcalf (ref): « La valeur d’un réseau croit comme le carré du nombre des utilisateurs du réseau. ».A partir de ce postulat et en fonction de la situation que nous connaissons aujourd’hui il semble bien que l’Europe soit en grande difficulté. Pour conclure il est important de savoir que les algorithmes mis en œuvre dans les systèmes IA se valent. Ce qui fait la différence est le nombre d’items utilisés lors de la phase d’éducation.

En conclusion de cet exposé JP HUIN a tenté de cerner les risques et les espoirs que l’IA a fait naître, ainsi que les premiers éléments d’une nouvelle éthique : l’éthique du numérique, une nouvelle façon d’aborder la définition des valeurs et des responsabilités.

 

Robert METCALF : scientifique américain, fondateur de la société 3COM a participé également à la naissance d’Internet.




Le Club MOA fêtes ses 20 ans !

 

Vous êtes directeur(trice) général(e), métier, organisation, innovation, business unit, ressources humaines, numérique, systèmes d’information… vous êtes impliqué(e) dans la transformation numérique de votre organisation…

Le Président du Club MOA et l’ensemble des membres du conseil d’administration sont heureux de vous convier le lundi 9 avril 2018, à 19h à Paris, au Salon des Vedettes, Port de Suffren -75007 – (M° Bir Hakeim / Ligne 6)

Le club des maîtres d’ouvrage est une association dont les statuts ont été déposés en 1997. A l’origine fondé par des acteurs s’intéressant aux systèmes d’information, les adhérents d’aujourd’hui se reconnaissent comme maîtres d’ouvrage de la transformation numérique.

Michel VOLLE, économiste et blogger en a été l’un des premiers présidents avant de rejoindre l’Institut Montaigne en tant que Président du groupe de travail « informatisation ».

Ouvert aux organisations publiques et privés, depuis 20 ans, le Club n’a cessé de se renouveler, tout en gardant une constante : la volonté de réunir des personnes désireuses de partager une expérience ou un point de vue sur les systèmes d’information et la transformation des organisations.

Bien que la révolution numérique soit engagée depuis plus d’une décennie, cette transformation qui touche l’ensemble de la société, n’est pas achevée. Elle demeure un défi quotidien, avec pour certaines entreprises un enjeu de survie, ce qui laisse présager d’intéressants débats…

A l’occasion de cet anniversaire, nous souhaitons partager plus largement nos valeurs et nos convictions, au cours d’une rencontre qui se veut amicale et fédératrice.

Henri VERDIER

Directeur interministériel du numérique et du système d’information et de communication de l’État (DINSIC), interviendra sur le thème suivant :

De l’entreprise collaborative aux plateformes d’intelligence collective : relever le défi de la transformation continue

L’intervention sera suivie d’un cocktail dinatoire

Pour en savoir plus sur Henri VERDIER, consultez sa page Wikipedia ou son blog.




Le Club vous souhaite ses meilleurs vœux pour 2018

À ses adhérents, mais aussi à ses amis et lecteurs, toute l’équipe du conseil d’administration du Club adresse ses meilleurs vœux pour 2018 et vous remercie pour votre intérêt, vos contributions et votre soutien.

Voeux 2018 du Club MOA, en image

Après une année 2017 riche en échanges pour le Club, l’activité reprend dès ce début d’année avec un dîner débat sur l’intelligence artificielle.

Les défis à relever pour les entreprises publiques ou privées ne manqueront vraisemblablement pas en 2018, notamment dans le domaine du numérique qui nous intéresse tout particulièrement… Aussi, nous espérons pouvoir compter à nouveau sur vous !

Pour l’année 2018, le programme envisagé est le suivant :

  • retour sur la question du RGPD avec la CNIL
  • à l’ère numérique, quelles démarches entreprennent les organisations publiques ou privées pour doter leurs collaborateur d’un environnement de travail performant ?
  • cloud computing et big data, retour d’expérience d’usages pratiques
  • l’Internet des objets (IoT) et smartcity (la ville intelligente et connectée)
  • Robotic process automation (RPA), les automates et le chaînage de tâches à l’ère industrielle
  • visite d’ateliers, démonstration et explications sur l’optimisation logistique
  • journée d’étude sur le design thinking pour conduire les projets autrement
  • la gouvernance des données, retour d’expérience d’un grand acteur
  • les chantiers numériques vus de la Cour des comptes
  • le prélèvement à la source, un projet d’envergure pour partager sur la complexité.

#RGPD #CloudComputing #BigData #IoT #SmartCity #RPA #SupplyChain #DesignThinking #Data #TransfoNum #Impot

Pour participer aux travaux du Club, vous pouvez directement adhérer à l’association ou découvrir notre fonctionnement en demandant une invitation à l’une de nos rencontres (voir calendrier).




Calendrier des rencontres du Club MOA en 2018

Comme chaque année, le conseil d’administration dresse un calendrier prévisionnel des rencontres prévues pour l’année.agenda

 

Vous pouvez consulter les dates prévisionnelles pour l’année 2018 ci-dessous ou télécharger le calendrier 2018 du Club MOA au format PDF ou simplement .

Pour obtenir des invitations et participer à nos rencontres, adressez une demande par courriel à notre secrétariat : secretariat [at] clubmoa.asso.fr

1er semestre 2nd semestre
8 janvier 2 juillet
5 février
5 mars 10 septembre
9 avril 8 octobre
14 mai 5 novembre
11 juin 3 décembre

 




L’année 2017 dans le rétroviseur du Club MOA

La fin de l’année 2017 approchant, le Club est à l’heure du bilan et des remerciements !

S’agissant du bilan tout d’abord, la liste ci-dessous, qui précise les thématiques abordées, témoigne de la densité des activités du Club :

  • numérique et transformation du groupe La Poste
  • la transition numérique du monde du bâtiment avec le développement du BIM (Building Information Modeling)
  • la fusion des systèmes d’information du groupe Action Logement
  • retour d’expérience sur les travaux en datasciences menés à la Banque de France
  • l’accélérateur de projets hardware Usine.io
  • nouveaux paradigmes et nouvelles approches pour aborder l’innovation avec l’UNSECO
  • améliorer l’efficience de la fonction support systèmes d’information et développement numérique dans une grande organisation, les pistes de la Caisse des dépôts et consignation
  • développer sa vision stratégique en composant avec le futur du numérique, Conseil national du numérique
  • démystifions l’informatique quantique, Bull-Atos
  • le RGPD, enjeux et solutions pour bien appréhender l’arrivée prochaine de ce nouveau règlement sur la bonne gestion des données personnelles, (@natchiche)

Nous tenons à remercier chaleureusement tous les intervenants qui ont bien voulu s’associer à nos travaux au cours de l’année 2017 : Sonia SCHARFMAN, Didier BALAGUER, Vincent BARUE, Loïc LAVOUE, Farid OUKACI, Gary CYGE, Riel MILLER, Marie-Laure MICOUD, Amal TALEB, Pierre BARNABE, Nathalie CHICHE.

Grâce à leur intervention, les membres du Club et participants invités ont pu joindre l’utile à l’agréable au cours de nos dîners/débats et de l’atelier organisé dans le cadre de notre journée d’étude annuelle.

Retrouvez des comptes-rendus sommaires de nos rencontres dans les articles publiés sur notre blog.

À ses adhérents, mais aussi à ses amis et lecteurs, toute l’équipe du conseil d’administration du Club souhaite d’excellentes fêtes de fin d’année !

 

Le Club remercie également chaleureusement Philippe Elie Kassabi et Michel Diament de l’équipe « En haut de l’affiche » pour leur précieux accompagnement en tant que facilitateur graphique.

L'informatique quantique discutée au Club MOA

L'informatique quantique discutée au Club MOA




Ordinateur quantique – Course à la suprématie quantique

Le 6 novembre 2017, le Club MOA a donné la parole à Pierre BARNABE, Directeur général de la division Big Data et Sécurité d’ATOS. Il dirige les équipes d’ATOS qui ont développé récemment un simulateur quantique associé à un langage de programmation universel « ATOS Quantum Learning Machine ».

Depuis le début des années 80, le développement des ordinateurs à base de « Qbits » (au lieu du « bit » traditionnel) s’accélère.

Les machines offrent des capacités de calcul inédites. Au fur et à mesure de leur développement, elles devraient constituer la base de technologies futures.

Comment évolue la recherche en ce domaine ? Comment fonctionne un ordinateur quantique ? Quels exemples d’usage de ces supercalculateurs peut-on imaginer ?

Pierre Barnabé a partagé avec les membres du club son expérience et sa vision prospective de ce sujet.

 

Propos liminaire

ATOS premier Groupe européen dans son domaine d’activité fabrique des supercalculateurs. Il y a peu d’entreprises dans le monde capables de réaliser de telles machines : IBM, CRAY, HP/SGI, Fujitsu ; ATOS-BULL, Huwei.

Atos-QLMATOS-BULL est le seul constructeur européen. Il travaille sur la mise au point de machines exaflopiques : 1 milliard de milliards d’opérations en virgule flottante par seconde avec l’objectif de les mettre à disposition vers 2022. Ces puissances deviennent nécessaires pour traiter le volume de données générées, qui ne cessent d’augmenter (en 2020 on prévoit une création de 44 x 1021 données).

En face de ces besoins on observe la fin de la loi de Moore (dans une dizaine d’années, environ) car la finesse de gravure sur des substrats de silicium ne pourra pas descendre en dessous de 5 nanomètres (10-9 m) car au-delà les électrons passeront d’un circuit à un autre de façon désordonnée.

Il faut donc trouver d’autres solutions pour résoudre ce problème de puissance de calcul nécessaire pour traiter ces volumes de données.

Introduction à la physique quantique

La genèse se situe aux 18e et 19e siècles. Le socle de départ est la physique des particules. Chaque particule est associée à une longueur d’onde. Lorsqu’elle se déplace les particules subissent des phénomènes d’onde produits par la particule elle-même.

Chaque particule qui se déplace établit une signature d’onde qui change en permanence. C’est ce qu’on appelle la physique ondulatoire : l’étude des ondulations générées par chacune des particules. Les particules n’ont pas de trajectoire prédéfinie, elles semblent avoir une vie propre.

[…]

 

Modèle standard : Les Qbits

La superposition quantique est utilisée pour faire un calcul. Aujourd’hui dans la technologie silicium, les positions sont déterministes : 0 ou 1. L’information est une association de 0 et de 1.

Le fait qu’une particule puisse avoir n états donne à la particule la possibilité d’avoir un état particulier entre 0 et 1 au moment où on l’observe. Donc elle multiplie par n le nombre d’états possibles, au moment de son observation.

Au lieu d’avoir une information qui soit 0 ou 1, on dispose d’une information qui est 0 ou 1 à la fois, soit 2 états. Avec n particules intriquées on a donc 2n états superposables. Ceci permet d’avoir un éventail informationnel très important.

L’autre élément, l’intrication, permet d’avoir autant d’états que de particules intriquées.

[…]

 

Etat de l’art côté physique

Pierre Barnabé a passé en revue les différentes approches physiques pour mettre en œuvre ces théories quantiques.

Il a successivement commenté :

  • L’ordinateur quantique à l’état liquide
  • L’ordinateur quantique optique
  • L’ordinateur à points quantiques
  • L’ordinateur quantique silicium
  • L’ordinateur quantique supraconducteur
  • L’ordinateur quantique diamant
  • L’ordinateur quantique adiabatique
  • L’ordinateur quantique à ions piégés
  • L’ordinateur quantique topologique

Sur ce marché on croise IBM, Google, Microsoft et D-Wave, chacun avec une option d’ordinateur physique différente.

Le plus répandu aujourd’hui, théorisé par Daniel Estéve est l’ordinateur quantique supraconducteur. Les températures de fonctionnement voisinent le quasi zéro absolu, soit quelques milli degré Kelvin, soit -273,149°C. Cette technique reste une technique de laboratoire qui demande un environnement très lourd et très couteux. Par contre elle permet de mettre en œuvre un nombre plus important de Qbits et d’une durée qui permet une bonne observation. (Google prétend avoir travaillé avec 50 Qbits…)

Avec un ordinateur quantique adiabatique une société canadienne, D-Wave, aurait mis en œuvre un système avec plusieurs centaines de Qbits (mais aucune certitude sur cet exploit…).

Un ordinateur quantique à ions piégés a été expérimenté à Innsbruck. Avantage : un fonctionnement à température ambiante et utilisation de lasers moyennement complexes (annoncé : 14 Qbits manipulables individuellement).

 

Position d’ATOS sur le sujet

Sur la partie physique il y a beaucoup trop d’options, les contraintes techniques et économiques sont très importantes. Selon ATOS l’avenir est probablement un ordinateur hybride disposant d’une unité de calculs quantiques et d’une structure classique.

Ceci ne se produira pas avant une dizaine, voire une quinzaine d’années.

ATOS a donc décidé de ne pas investir dans le hardware. ATOS a créé une « Quantum Learning Machine » (QLM) basée sur des nœuds de supercalculateurs et qui a pour vocation d’émuler et de simuler le calcul quantique.

L’idée générale est la suivante : lorsque les ordinateurs quantiques sortiront des laboratoires pour investir le monde industriel et commercial il sera nécessaire que les ingénieurs, les techniciens sachent les programmer en tenant compte de leurs spécificités.

A dessein, la QLM permet de former les scientifiques et facilite les recherches théoriques et pratiques en matière de logiciel s’appliquant aux ordinateurs quantiques. Bien sûr il n’y a pas l’accélération d’une vraie machine quantique, bien que la machine soit très rapide. Cette machine dispose d’un langage hybride qui permet de traduire le quantique en binaire et inversement. Ce langage est une création d’ATOS et c’est une première mondiale. L’ensemble a été annoncé le 4 juillet 2017. Cette machine a été commandée dans plusieurs grands centres de recherche.

La machine est dans une technologie « normale » c’est l’équivalent d’un « petit » supercalculateur.

Pour mener à bien ce projet ATOS s’est entouré de scientifiques de renom:

  • Serge Haroche (Nobel 2012)
  • Cédric Villani (Fields 2010)
  • Alain Aspect
  • David DiVincenzo
  • Artur Ekert
  • Daniel Estève

Conséquences de la vitesse des machines quantiques

Pour conclure cette passionnante soirée Pierre Barnabé a répondu à de nombreuses questions, notamment sur des questions relatives à la cryptographie (cassage des codes tel que le RSA) et à la sécurité des données. En effet, la puissance de calcul sera telle que tous les processus de sécurisation, tel que la Blockchain, devront être revu en profondeur…

L'informatique quantique discutée au Club MOA

L'informatique quantique discutée au Club MOA

Avant de se quitter, les membres ont pu échanger sur la base des illustrations toujours très pertinentes de nos facilitateurs graphiques de la société « En haut de l’affiche ».


NB: Le compte-rendu intégral est réservé aux adhérents




Comment assurer le déploiement d’une vision stratégique du numérique dans l’action publique

Le 9 octobre 2017, le Club MOA a donné la parole à Amal TALEB, vice-présidente du conseil national du numérique jusqu’au 4 octobre 2017 avec Guy MAMOU MANI. La présidence était assurée jusqu’à récemment par Mounir MAHJOUBI, qui avait lui-même succédé à plusieurs personnalités comme Gilles BABINET.

Avocate de formation, Amal TALEB est spécialisée en droit de la concurrence et en droit de la protection des données personnelles. Après avoir été juriste pour l’association de consommateurs UFC Que Choisir, elle est, depuis Octobre 2016, en charge des affaires publiques de la société européenne SAP.

 

1. Le Conseil Nationale du Numérique (CNNum)

Le Conseil national du numérique est une commission consultative indépendante, dont les missions ont été redéfinies et étendues par un décret du Président de la République du 13 décembre 2012.

Logo conseil national du numérique

Le Conseil national du numérique a pour mission de formuler de manière indépendante et de rendre publics des avis et des recommandations sur toute question relative à l’impact du numérique sur la société et sur l’économie. À cette fin, il organise des concertations régulières, au niveau national et territorial, avec les élus, la société civile et le monde économique. Il peut être consulté par le Gouvernement sur tout projet de disposition législative ou réglementaire dans le domaine du numérique.

Il est composé de 30 membres, à parité, 15 hommes et 15 femmes d’excellent niveau et d’origine diverses (start-uper, chef d’entreprise, chercheur,…) qui conduisent la transition numérique au sein de leur organisation et contribuent aux travaux du CNNUm à titre bénévole.

Au cours des deux dernières années, le CNNum a essentiellement travaillé sur une vision stratégique du numérique et non sur une vision opérationnelle.

Le CNNum a plusieurs modalités d’action.

  • La saisine.

Un sujet interpelle un ministre, un membre du gouvernement. Ce sujet est confié aux trente membres pour mener une réflexion dans le cadre d’une politique publique.

Exemples :

Transformation numérique de l’enseignement supérieur et de la recherche. Ce sujet a conduit à la mise en œuvre d’un référentiel numérique pour aider les universités à se transformer tout en préservant leur autonomie.

La croissance connectée des PME. LeCNNum a produit un certain nombre de préconisations sur ce sujet.

Note : Les PME française sont très en retard en matière de mise en œuvre de technologie numérique.

  • L’auto-saisine

LeCNNum considère qu’un sujet doit être traité ou abordé autrement, Il étudie la question et prend [souvent] une position forte, orthogonale avec la position du gouvernement. Exemple : la refonte du fichier TES.

  • Réflexion sur des sujets au long cours.

Exemple : la blockchain, l’intelligence artificielle

 

2. Pistes pour commencer à avoir une vision stratégique du numérique

La « gêne » concernant l’absence de stratégie sur le numérique, devrait être affaiblie par les dernières annonces du gouvernement concernant ce sujet (annonces du 27 septembre 2017 concernant les développements autour du numérique en France, un plan d’investissements de 5 milliards d’euros pour la transformation numérique de la santé et 4 milliards pour la transformation numérique de l’administration soit 9 milliards sur 5 ans)

2.1. Nécessité de sortir des silos

Jeu de go
Jeu de go

Le numérique a cette capacité d’isoler les individus dans leurs compétences et peut faire obstacle à la communication des savoirs et des connaissances. L’érudition des techniciens et des ingénieurs sur leurs domaines de compétences est un domaine de pouvoir par rapport aux autres personnes.

Le silo intellectuel est le pire ennemi d’une vision stratégique, publique ou privée, car cette dernière doit être une vision à 360 degrés qui doit porter le plus loin possible.

Intervient également la « porosité » des individus et des preneurs de décisions face à ces connaissances multiples et contradictoires. C’est le problème des patrons de PME qui ne connaissent pas le numérique car ils n’ont pas le temps de se former ou de s’informer. Pour ces patrons le discours sur le numérique n’est pas « audible »

Pour certains grands groupes la problématique est la même. Où se situe l’acteur qui porte l’innovation ? Comment est-il entendu, trouve-t-il des interlocuteurs réceptifs pour réfléchir sur l’impact de ces nouvelles technologies ? Ces Groupes ont-ils les compétences en interne pour assurer cette transformation ? Ont-elles les bons relais pour assurer cette vision stratégique du Groupe ? Certains groupes ont réussi ce virage à 180 degré, par exemple le Groupe La Poste.

Il faut être conscient que la numérisation accélère la chute des « business models » du passé. Cette réflexion s’applique également au domaine publique avec cette rigidité nominale supplémentaire : celle de la carrière : schématiquement on ne passe pas au service d’à côté avec des compétences radicalement différentes. En conséquence il y a peu de fluidité des savoirs. Il faut une volonté forte pour poser les bases de ce qui pourrait ressembler à une réforme du travail.

En résumé le premier blocage est cette inertie forte manifestée par la difficulté de l’individu à sortir de son environnement

2.2. L’incapacité à expérimenter

Pour tenter quelque chose il faut retrouver une forme d’enfance intérieure, se poser la question « Et si… ».Question difficile à poser dans un environnement ultra compétitif ou ultra valorisant qu’est le monde du travail. L’idée générale est de faire un essai (un petit jeu) sur un sujet aux faibles enjeux, en utilisant une nouvelle technologie pour mieux la comprendre.
Exemple de la Blockchain qui permet de faire des expérimentations sur de petits périmètres et à très faible coût.
Lors du débat, le thème de la difficulté de la généralisation et de l’appropriation, par les personnes, d’une expérimentation des nouvelles techniques a été abordé par Amal TALEB et les participants à la soirée, avec une intervention de Michèle THONNET.

2.3. Le numérique vu comme un simple outil

En raison des inerties propres aux individus, de la « peur » que provoque chez nous le numérique et de notre incapacité à réaliser de petites expérimentations on ne peut pas aborder le numérique autrement que comme un simple outil. C’est uniquement quand on expérimente un outil que l’on entrevoit ses potentialités et que la réflexion constructive peut démarrer.

2.4. Le manque de compétences

Un rapport (en date de 2014) de la commission européenne sur les compétences numériques indique qu’il manquera en France en 2020, 87 000 postes de personnes ayant cette compétence, et 900 000 pour l’union européenne. Il y a un vrai problème en France : l’inadéquation des besoins et la formation.

Amal TALEB cite cette statistique de l’OCDE sur les NEET : dans la classe d’âge 16-19 ans, 6% des jeunes filles et 8% des jeunes garçons ne sont ni à l’école, ni en formation ni au travail. Pour la classe d’âge 20-25 ces taux montent respectivement à 21% et 25%. Ceci dit clairement que 1/5 des forces vives de la nation ne sont ni en formation, ni en entreprise et rencontrent donc de grandes difficultés pour s’insérer dans la société et pouvoir bénéficier de cette évolution numérique.

On constate également qu’il y a de moins en moins de filles dans les filières scientifiques. Sur ce sujet Lionel PLOQUIN est intervenu en montrant le paradoxe actuel entre l’offre pléthorique gratuite et en ligne (Les MOOC – il y a des exemples de personnes qui se sont formées ainsi atteignant l’équivalent du niveau du doctorat) et le déficit de personnes formées. Pourquoi avons-nous alors ce problème ?

Il y a d’une part un décalage du centre de gravité des matières (physique, mathématiques biologie) et d’autre part un problème culturel lié au diplôme. Les français, revendiquent en permanence, dans leurs relations professionnelles, le titre et le diplôme. Inconsciemment ou consciemment on associe le poids du savoir à l’établissement qui nous a enseigné ce savoir, alors que le savoir est une valeur en soi.

Sur ce sujet les participants ont largement contribué au débat qui s’est instauré naturellement

2.5. Le cas des données personnelles

En Europe nous avons une identité numérique à revendiquer. Elle est évidente mais nous n’arrivons pas encore à la mettre en œuvre dans nos outils numériques. L’Europe voit les individus comme des sujets qui disposent de droits dont le premier est la vie privée, c’est-à-dire qui bénéficient à la fois de la singularité et de l’anonymat. Cette disposition n’est absolument pas actée ailleurs, sur la planète, notamment en Chine.

En Europe et particulièrement en France, le droit à une vie privée (et sa protection) correspond à une liberté fondamentale. Cette disposition irrigue l’intégralité du droit français, et en particulier le droit constitutionnel.

A contrario, par exemple, la notion de vie privée en droit américain est un « puzzle ». Elle dépend à la fois du droit fédéral, du droit de l’état dans lequel on se trouve et du champ sectoriel dans lequel on considère la problématique. En conséquence, juridiquement parlant, la vie privée reste secondaire. Une autre différence avec l’Europe est qu’elle est vue exclusivement sous l’angle de l’intrusion des pouvoirs publics dans la vie privée. Ceci n’est pas vrai en ce qui concerne les acteurs du privé ou cette notion d’intrusion est très faible.

En droit français les différentes directives et notamment la mise en place prochaine du RGPD s’appliquera indifféremment aux acteurs publiques et aux acteurs privés. Ces nouveautés devront s’incorporer à notre fonctionnement social, politique et économique.

 

3 Conclusion

AmalTALEB a abordé la conclusion de son exposé sur ce thème : il nous faut réfléchir et refonder un « corpus ». De la même manière que l’on a pensé la guerre (Clausewitz), la paix, la défense des places fortes (Vauban), il nous faut résolument réfléchir à ce que la transition numérique nous apporte et sortir des mythes pour créer un véritable « numérique européen ».

Au départ, c’est une classification négative qui comprend les personnes âgées entre 15 et 29 ans et qui sont sorties du système scolaire.

Elle désigne maintenant des individus introvertis, souvent des hommes, qui ne sont pas insérés dans le système éducatif et qui sont coupés de toute vie sociale ou renfermés sur eux-mêmes.

La soirée s’est terminée par quelques réflexions du Président Jean-Yves LIGNIER, à propos de la confiance que l’on peut avoir dans ces nouveaux systèmes et sur cette interrogation ultime : la transition numérique peut-elle apporter un plus au bonheur des personnes ? peut-elle être au service d’une société meilleure et non pas asservir l’homme ?

 

4. Digital squads

Au cours du débat, Amal TALEB a indiqué une des retombées du sommet de Tallinn qui a eu lieu le 29 septembre 2017 : la création des European Digital Squads.

En marge du sommet numérique européen de Tallinn, en Estonie, qui a rassemblé les dirigeants européens autour des dossiers liés au numérique, des organismes consultatifs nationaux se sont réunis pour lancer une initiative commune : les « European digital squads », Brigades numériques européennes.

L’idée fondatrice est : fluidifier les discussions entre les institutions européennes et les écosystèmes numériques propres à chaque pays. Plutôt que d’attendre que chaque environnement national fasse remonter des problématiques aux gouvernements afin que ces derniers en discutent ensuite entre eux, chaque digital squad aura pour mission de mutualiser les réflexions en amont et se mettre d’accord sur des positions à défendre à l’échelle européenne.

C’est ainsi que se retrouvent associés des entités indépendantes aussi diverses que le Foresight Center estonien, le National Board of Trade suédois, l’Internet Economy Foundation et le think tank iRights.Lab allemand, aux côtés du français CNNum, le Conseil national du numérique.

« Le marché unique numérique est un beau challenge fixé par l’Union européenne. Mais nous devons aller plus loin encore et anticiper le prochain défi. Faire des ponts entre les institutions européennes et les acteurs locaux qui ont une bonne connaissance de terrain, est la clé« , estime Marie Ekeland du Conseil national du numérique, depuis Tallinn. (source: France 24)

Quelques sujets de réflexion déjà en œuvre ont été évoqués par Amal TALEB.


NB: Le compte-rendu intégral est réservé aux adhérents




Schéma directeur du système d’informations des fonctions support

Le 11 septembre 2017, le Club MOA a donné la parole à l’un de ses membres. C’est Marie Laure MICOUD, Responsable du département pilotage et support de la DSI de la Caisse des dépôts qui a traité le sujet suivant : Définition du Schéma Directeur du système d’informations des fonctions support.

 

1 Introduction

Le projet de structuration d’un schéma directeur des SI des fonctions support de la filière SI doit proposer une trajectoire de développement des systèmes d’information pour les années 2018 a 2022 sous une contrainte de planning très serré (juin à septembre 2017).

Les objectifs de ce schéma directeur sont de transformer les SI des fonctions support en une plateforme de services orientée-clients, communs au Secrétariat Général du Groupe, aux directions RH, Communication, aux fins de densification de la CDC.

Ces objectifs doivent également emporter dans la même démarche l’évaluation de l’intérêt de la mutualisation des « SI fonctions-support » entre les établissements ICDC et la DSI faisant suite à l’organisation du pilotage unique de la filière SI en matière opérationnelle et budgétaire.

Le département de Marie Laure MICOUD a été créé en 2016. Il est en charge des fonctions de pilotage de l’établissement public et des fonctions du GIE ICDC (ICDC = Informatique CDC).

Le schéma directeur a été décidé suite au dépassement des crédits limitatifs. Il était prévu un budget de xxx millions d’euros révisé à yyy millions. L’objectif global est donc de diminuer le coût des fonctions support pour redistribuer les ressources financières sur les métiers.

 

2 Le Groupe CDC

Logo groupe Caisse des dépôts

La Caisse des dépôts et consignations (créée en 1816) et ses filiales constituent un groupe public au service de l’intérêt général et du développement économique du pays. Ce groupe remplit des missions d’intérêt général en appui des politiques publiques conduites par l’Etat et les collectivités territoriales. Il peut exercer des activités concurrentielles.

Le Groupe est un important contributeur au budget de l’Etat auquel il a versé 1,6 Milliards d’euros au titre des résultats de l’année 2016.

Il est sous la surveillance et la garantie de l’autorité législative.

Le Groupe CDC emploie 6 000 personnes dont 700 au sein du GIE ICDC, en charge de l’informatique opérationnelle du Groupe.

Le GIE informatique du Groupe CDC, ICDC (Informatique CDC) comporte trois établissements : les « Études » (DEI), la « Production » (DPI) [qui travaillent pour la Caisse des Dépôts et pour les autres membres], ainsi que la « Direction Générale » (DG) qui porte les directions fonctionnelles et support et la direction générale du GIE.

 

3 Le Prestataire

M.L. MICOUD a choisi la société xxx. Cette société est spécialisée dans la transformation numérique. Elle met à la disposition de ses clients une expertise dans la construction et la réalisation des schémas directeurs.

 

4 Création de la DSI de l’établissement public (EP)

La DSI du Groupe CDC a été créée au 1er Janvier 2015 avec les objectifs suivants :
1. Rénover le dialogue entre la maîtrise d’ouvrage et les métiers
2. Renforcer la capacité de la filière SI à répondre aux attentes des métiers
3. Favoriser l’urbanisation des SI
4. Mieux maîtriser les risques et les coûts
5. Simplifier les processus décisionnels et la gouvernance
6. AméliorerlagestiondescarrièresdelafonctionSI

En suivants 3 principes clefs.
1. Unitédecommandement
2. Réaffirmationdurôled’ICDCdemaîtred’œuvrederéférence
3. Uneconduitedechangementaxéesurlacoopérationentreacteurs

Pour le GIE ICDC, les bénéfices attendus de la création de la DSI, sont les suivants :

  • Des objectifs partagés pour la mise en œuvre du schéma directeur des SI et du PPO (Programme de Performance Opérationnelle).
  • Dans une organisation structurée de la DSI, le rôle du maître d’œuvre informatique de référence est réaffirmé par le DSI, président d’ICDC depuis fin juin 2015.
  • Clarification des relations DEI/DPI avec la DSI.
  • Optimisation de la gouvernance :
    • Dans le cadre de projets multi-métiers, DEI se retrouve parfois en situation de porter l’alignement des métiers. Dans le cadre de la mise en œuvre de l’organisation de la DSI par domaine, l’alignement, la coordination et la mise d’accord des métiers sera portée par la DSI.
  • Amélioration de l’efficacité de la fonction SI reposant sur une relation de confiance entre le DSI et le DG d’ICDC :
    • Le changement d’état d’esprit porté par la création de la DSI est de nature à créer un climat de confiance et de coopération entre MOA et MOE. Ce climat de confiance permettra de limiter les conflits d’expertise.
    • L’amélioration de la compréhension mutuelle des contraintes et difficultés du métier MOA et du métier MOE permettra aussi l’identification de solutions transverses à la fonction SI.
  • Amélioration de l’efficacité et consolidation du pilotage économique :
    • Actuellement, le pilotage économique fait intervenir plusieurs acteurs la DPSI (Direction des Processus et des Systèmes d’Information), les MOA / métiers, DEI et DPI, le contrôle de gestion ICDC. Ce fonctionnement est matérialisé par des « reportings » multiples dont la mise en cohérence est très souvent source de tensions. La DSI permettra une simplification des modes de « reporting » et une meilleure prévision de l’activité. La DSI est organisée en 6 domaines fonctionnels et 4 fonctions d’appui.

 

5 Contexte et objectifs recherchés du Schéma Directeur SI des Fonctions Supports

5.1 Contexte

Marie Laure MICOUD a développé les points suivants :

La stratégie de densification de l’EP et les fortes attentes de la gouvernance

  • Sur l’amélioration du pilotage économique
  • Sur l’amélioration de la productivité des fonctions support

De 2010 à 2015, un investissement significatif dans les systèmes de gestion de base a été réalisé. En parallèle il y a eu un sous-investissement dans les autres SI, et notamment ceux du SGG (Juridique, immobilier. et Achats), ainsi qu’une accumulation de dettes techniques et fonctionnelles

L’analyse met en exergue la nécessité d’une accélération de la transformation numérique, le besoin d’un « environnement de travail numérique », la construction de la filière SI (PMSI) et l’opportunité d’une plus forte convergence EP / ICDC sur les SI Support.

5.2 Objectifs recherchés dans l’évolution des SI

L’amélioration de la performance économique (notamment des achats, des approvisionnements, des paiements et de la gestion immobilière et logistique, peu outillés)

L’amélioration du service aux collaborateurs, et la recherche d’une plus grande autonomie, via des approches « client interne », « plateforme de services », « self- service » et « guichet unique »

L’amélioration continue de la productivité, via la numérisation des processus et leur automatisation

La gestion en continu de la dette technique et la rationalisation du SI, notamment entre l’EP et ICDC

5.3 Vision stratégique

La stratégie définie oriente l’évolution des Systèmes d’Information des fonctions supports vers une plateforme de services. Cette plateforme cible 4 axes.

  • Une plateforme collaborateurs
  • Une plateforme grand public / open data
  • Une plateforme fournisseurs / partenaires
  • Une plateforme gestionnaire

 

6 Démarche d’élaboration du schéma directeur SI

La définition du schéma directeur SI est réalisée suivant une approche en 5 phases avec une attention particulière à la transformation numérique du métier et du SI de chaque fonction support.

L’équipe projet a travaillé conjointement avec la MOA dans la définition du SDSI afin de respecter les contraintes de délais liées au contexte de la CDC.

 

7 Analyse de l’existant

7.1 Aspects budgétaires

  • La répartition des dépenses 2016 est la suivante (xx millions d’euros)
RH Achat, CTRL de gestion, budget Immobiliers et environnement de travail Juridique Communication
xx% xx% xx% x% x%

7.2 Aspects fonctionnels

7.2.1 Fonction Ressources humaines (RH)

  • La part importante des dépenses RH est due en grande partie aux accords collectifs et conventions spécifiques CDC.
  • Le système de gestion du temps aura coûté ~xM€ sur la période 2015-2017
  • La part de transformation numérique est aujourd’hui modeste par rapport au budget total des projets RH : ~4%

7.2.2 Fonction Achat

  • La part des dépenses de la fonction achat est essentiellement due à 2 systèmes et à la fragmentation applicative de la gestion des achats (~10 applications) avec cependant une couverture partielle de la fonction

7.2.3 Gestion de l’immobilier

  • Un manque de visibilité sur l’ensemble du patrimoine applicatif
  • Trop de projets trop petits et pas de regroupements dans des programmes marquants
  • Des expérimentations digitales en cours pour améliorer les services à l’occupant mais dont la suite est peu instruite, plusieurs référentiels pour gérer les différents sites

7.2.4 Fonction juridique

  • Un projet (~xM€ sur 3 ans) en cours dont on ne tirera la pleine valeur qu’après la mise en place d’une GED3

7.2.5 Fonction communication

  • Le SI communication est majoritairement en mode SaaS, non intégré au SI CDC
  • Il est nécessaire d’améliorer les « analytics » sur les sites internet/intranet (au moins 4 outils différents à ce jour), le pilotage de la performance de la communication et certaines compétences

7.2.6 Constats transverses aux fonctions support

  • Beaucoup des projets de transformation numérique, orientés client, impacteront des « SI cœur » de plusieurs fonctions support
  • La gestion du cycle de vie des applications n’est pas standardisée
  • Beaucoup de progiciels sont fortement modifiés et adaptés aux spécificités CDC
  • Les budgets de maintenance évolutive en 2016 de plusieurs applications sont supérieurs aux budgets des projets

 

8 Construction de la cible du schéma directeur

La cible se présente comme un bouquet de services qui favorise l’orientation client des fonctions support. L’objectif est une simplification des interactions avec les collaborateurs, les gestionnaires, les prestataires et le grand public.
Le paysage technologique est segmenté en 3 familles de système pour s’aligner sur les besoins métiers et les opportunités technologiques

  • Les systèmes d’engagement
  • Les systèmes de pilotage
  • Les systèmes cœurs

Déclinaison des axes du Schéma Directeur

  • Réduire les dépenses sur le patrimoine applicatif existant en privilégiant les projets de transformation numérique
  • Appuyer la plateforme cible sur un portail multicanal alimenté par des systèmes cœurs, d’engagement et de pilotage
  • Automatiser / numériser les parcours des client transverses (ICDC devra mettre en place les éléments techniques de la plateforme numérique de la CDC)
  • Améliorer le pilotage de la performance (Mise en place des outils de pilotage de la performance des Fonctions Supports en s’appuyant sur le socle BigData / Analytics déjà mis en place par ICDC)
  • Implémenter les initiatives digitales du schéma directeur en s’appuyant sur des Centres d’Expertises (CdE) mutualisés et agiles

 

La soirée s’est conclue sur de nombreuses questions / réponses relatives à cette opération extrêmement importante et très complexe au plan culturel, pour le Groupe CDC


NB: Le compte-rendu intégral est réservé aux adhérents




Partenariat associatif Aurore + Club MOA au service de la maîtrise des projets stratégiques

La transformation numérique de la société et donc des entreprises constitue le thème générique qui sous-tend l’activité du Club MOA depuis plusieurs années.

Dans ce cadre, la capacité à maîtriser les projets qui sont les vecteurs de cette transformation constitue un axe d’intérêt naturel.

C’est de cet intérêt commun pour la maîtrise des projets stratégiques qu’est né l’idée de conduire certaines actions en synergie avec l’association Aurore.

L’association Aurore est spécialisée sur le thème de la maîtrise des projets stratégiques. Pour permettre à ses adhérents de progresser dans leur réflexion, l’association Aurore organise des rencontres tournées vers la confrontation entre les derniers travaux de recherche dans le domaine et les réalités « terrain » rencontrées par les adhérents.

Afin de faire vivre son approche, l’association organise également des réunion d’orientation de la recherche. Suite à la réunion du 29 juin, le partenariat de recherche Aurore a été repensé.

1 – Un partenariat orienté partage et expertise

Voir plaquette du programme qui permet de prendre connaissance dans le détail des points ci-après :

  • 3 rencontres de recherche pour participer, échanger avec les chercheurs et les pairs, et recueillir les fruits des travaux de recherche
  • 12 places pour les formations des cycles Les Essentiels de Daylight, maximum 3 inscrits / une session
  • 3 demi-journées ou journées thématiques de partage entre partenaires
  • 1 problématique du partenaire soumise à l’Académie Daylight (projet, programme, ou autre)
  • Accès à l’ensemble du corpus des rencontres de recherche et des outils expérimentaux développés depuis le lancement du programme de recherche en 2010 (présentation en pj)
  • 1 journée de présentation du patrimoine et d’échange autour des problématiques du partenaire pour les nouveaux entrants
  • 2 réunions de réflexion recherche/problématiques du partenaire
  • Information auprès de l’ensemble des partenaire des recherches spécifiques pour leur permettre d’y contribuer et de mutualiser

Programme conforme à l’article 14-3° de l’ordonnance n°2015-899 du 25 juillet 2015, ce qui permet de passer directement commande sans mise en concurrence.

2 – Devenir partenaire

4 rencontres de recherche et 3 cycles de formation pour le prix d’une saison !

Plusieurs avantages exceptionnels pour ceux qui rejoignent le partenariat de recherche avant le 1er septembre 2017 :

  • Injecter vos problématiques dans la programmation de la recherche 2017-2018
  • Bénéficier de trois cycles de formations au lieu de deux, avec 18 places au lieu de 12, et ce dès début septembre (cf. plaquette jointe)
  • Bénéficier d’une saison de recherche de 15 mois au lieu de 12, avec 4 rencontres de recherche au lieu de 3
  • Bénéficier de la dernière rencontre de recherche de la saison 2016-2017 sur l’indice de performance des PMO du 12 octobre 2017 (avec la possibilité d’intégrer le pool de partenaires qui approfondissent cette recherche pour leur propre besoin)

Cf. contrat type de partenariat.

3 – Participer à l’enquête sur l’indice de performance des PMO, soirée du 12 octobre

Nous vous proposons de participer à l’enquête qui accompagne la rencontre de recherche du 12 octobre sur l’indice de performance des PMO.

Cette rencontre reprendra nos précédents travaux et approfondira le modèle (lien objectifs assignés au PMO.E, sous-objectifs, bénéfices et indicateurs, relation avec les services déployés). Notre équipe de recherche souhaite recueillir des retours terrain pour tester le modèle : typologie des portefeuilles projets et programmes, typologie du portefeuille des managers des projets et programmes, éléments de capacité structurelle de l’entreprise à maîtriser les 3P, objectifs et missions du PMO.E, moyens qui y sont investis, mesures d’efficacité.

L’enquête se fera par téléphone et se déroulera en deux phases :

  • un entretien initial, sous forme de questionnaire anonyme, idéalement d’ici la mi- aout (prévoir une demi-heure)
  • un entretien qualitatif entre fin aout et le 15 septembre (compter une heure).

Le 12 octobre après midi, Dr Pierre Fayard, Thomas Crosson, Frédéric Naudé et Fadi El Gemayel exposeront les résultats des travaux de recherche (y compris l’enquête) aux partenaires de recherche au cours de la rencontre de recherche de 14h à 18h. Cette rencontre sera suivi d’un cocktail ouvert à la communauté des managers de PMO d’Entreprises pour donner un bref aperçu des résultats.

Les entreprises qui participent à l’enquête auront une synthèse des résultats et seront invitées à la soirée du 12 octobre (mais ne participeront à la rencontre de recherche que si elles sont partenaires).

 

Tous les documents cités dans cet articles se retrouvent dans l’archive via ce lien.