Un pacte numérique pour le futur chef de l’État

En cette période pré-électorale, sans pour autant s’engager dans une démarche partisane, les adhérents de notre association professionnelle ne manquent pas de s’interroger sur la place de la transition numérique dans les programmes présidentiels : quelle compréhension par les candidats des enjeux qui s’y rattachent et quelle impulsion ils souhaitent donner pour contribuer à une France davantage portée par la vague numérique ?

Dans leurs entreprises respectives, qu’elles soient publiques ou privées, chacun des membres du Club est confronté aux réalités de cette révolution. Chacun en perçoit les conséquences au niveau économique, technologique, organisationnel, fonctionnels et au-delà du périmètre de l’entreprise perçoivent les nouvelles dynamiques sociétales qui émergent. Tous sont conscients qu’aucune filière n’est épargnée (IT, santé, transport, distribution…) et que l’appropriation des conditions de réussite de cette transformation est une nécessité.

Dès lors, le Club ne peut que saluer la démarche de « pacte numérique » entreprise par la Digital New Deal Foundation, pour que cette révolution industrielle et sociétale soit prise en compte au plus haut niveau de l’État.

Voici les 9 points développés dans le pacte numérique

  1. Libertés et droits fondamentaux : garantir un droit fondamental à la protection des données personnelles
  2. Citoyenneté : mettre le numérique au service de la démocratie
  3. Développement économique et emploi : renforcer la numérisation de notre appareil productif
  4. Action publique : faire du numérique un aiguillon de l’efficacité de l’action publique
  5. Territoires : offrir via le numérique une réponse aux fractures économiques de la société
  6. Droit du travail : repréciser les droits des nouveaux indépendants
  7. Fiscalité : restaurer des règles du jeu équitables
  8. Santé : ouvrir la santé aux apports du numérique
  9. Education : démocratiser la maîtrise du numérique

source: https://thedigitalnewdeal.org/le-pacte-numerique/




Le BIM représente la transition numérique du monde du bâtiment

La soirée du lundi 27 février 2017 a permis aux participants d’aborder deux sujets très différents.

En première partie Christian Bourguelle nous a présenté l’AGIRC-ARRCO ainsi que quelques points clefs de la transition numérique en cours dans ces organismes. La parole a été ensuite donnée à Didier Balaguer et à Vincent Barue pour traiter le thème principal de la soirée : le BIM.


AGIRC-ARRCO

L’AGIRC et l’ARRCO gèrent les régimes complémentaires de retraite du secteur privé (régimes complémentaires de la CNAV avec en plus le régime des salariés agricoles et en moins les agents non titulaires de la fonction publique).

En quelques diapositives, Christian Bourguelle a situé avec précision la position et la situation de ces organismes. En 2013, le montant total des retraites versées était de 297 milliards d’euros, soit 14,1% du PIB. La retraite complémentaire des salariés du privé représente 24,6% de cette somme.

Quelques chiffres permettent d’illustrer les grandes caractéristiques de ces régimes :

  • 18 millions de cotisants
  • 12 millions de retraités
  • 4 millions d’entreprises gérées
  • 70,8 milliards de cotisations encaissées
  • 73,14 milliards d’allocations versées.

Le déficit annuel de 3 milliards est « compensé » par plus de 60 milliards de réserve. L’enjeu permanent de ces régimes est de maintenir l’équilibre financier, dans un environnement économique et démographique défavorable.

Ces régimes présentent de réelles spécificités :

  • Une gestion paritaire (partenaires sociaux) Celle-ci donne lieu à des accords quinquennaux et triennaux. Les principaux points des accords de 2013 et 2015 sont les suivants :
    • Réduire les coûts de gestion : passer de 1,9 à 1,6 milliard d’€ à horizon 2018 puis de nouveau moins 300 millions d’économies de 2019 à 2022
    • Fusion des régimes AGIRC-ARRCO
    • Evolution de la gouvernance et du pilotage des régimes
    • Mise en œuvre de mesures paramétriques pour équilibrer les régimes (Exemples : coefficient de solidarité, sous-indexation des pensions, etc.).
  • Une logique contributive
  • Un autofinancement total Après avoir évoqué la place de la MOA dans l’organisation, Christian Bourguelle a présenté les points saillants de la stratégie digitale mise en œuvre devant permettre, en moins de cinq ans, de « passer de l’âge de glace à l’architecture d’entreprise pour devenir un acteur de référence ».

La stratégie est focalisée principalement sur les 6 axes suivants :

  1. Développer les e-services Web sur tous les services/domaines : le client doit pouvoir, quand il le souhaite, réaliser 100% des processus/interactions en digital
  2. Développer la présence sur les canaux mobiles et réseaux sociaux
  3. Dématérialiser les processus internes et externes
  4. Favoriser les liens avec les acteurs inter-régimes
  5. Mettre en place un dispositif d’innovation
  6. Développer une culture digitale interne.

Pour des compléments d’information : http://www.cor-retraites.fr/IMG/pdf/doc-2056.pdf


Le BIM

Le thème a été abordé par Didier Balaguer et illustré par quelques exemples donné par Vincent Barue.

Didier BALAGUER, est le PDG fondateur de datBIM, administrateur de Médiaconstruct, membre de la commission de normalisation Afnor PPBIM. Il a présenté aux participants le BIM dans le cadre de la transition numérique du bâtiment, les enjeux technico-économiques, les acteurs et les référentiels normatifs.

Vincent BARUE, co-fondateur de la société Foundation spécialisée dans la construction et la gestion d’actifs immobiliers numériques (avec plus d’1.600.000 m² digitalisés en BIM) a complété ce tour d’horizon par des cas d’usages concrets sur des opérations telles que le Quai d’Orsay, le Bataclan, des immeubles tertiaires parisiens.

Définition

Le terme « BIM » vient de l’anglais Building Information Modeling qui se traduit par Modélisation des Informations (ou données) du Bâtiment. Le terme bâtiment ici est générique et englobe également les infrastructures.

Source: http://www.objectif-bim.com/index.php/bim-maquette-numerique/le-bim-en-bref/la-definition-du-bim

 

Volonté politique

Le BIM représente la transition numérique du monde du bâtiment.

20 Millions d’Euros sur trois ans

Lors du conseil des ministres du 10 décembre 2014, Madame Sylvia Pinel, ministre du Logement, de l’Égalité des territoires et de la Ruralité, a présenté son plan de relance de la construction. Figurant parmi les trois plans d’intervention, le Plan Transition Numérique dans le Bâtiment (PTNB) vise à accélérer le déploiement des outils numériques à l’échelle de l’ensemble du secteur du bâtiment. À ce plan est affecté un fonds de 20 Millions d’Euros sur trois ans (fin en 2017).

Les grands axes du Plan

Transition Numérique dans le Bâtiment Créé officiellement le 20 janvier 2015 avec la nomination de Bertrand Delcambre au poste de Président du Plan Transition Numérique dans le Bâtiment, le PTNB poursuit trois objectifs :

  1. expérimenter, capitaliser, convaincre et donner envie de s’approprier le numérique dans le quotidien de l’acte de construire ;
  2. permettre la montée en compétences des professionnels du bâtiment autour du numérique et le développement d’outils adaptés à tous les chantiers en privilégiant les objectifs de massification pour le déploiement et en accordant une attention toute particulière aux solutions BIM pour les petits projets ;
  3. développer un écosystème numérique de confiance en encourageant les travaux de normalisation et permettre ainsi l’interopérabilité des outils et logiciels.

Les missions du Plan Transition Numérique dans le Bâtiment

Le PTNB répond également aux missions suivantes :

  • Soutenir les acteurs de l’écosystème français de l’économie numérique ;
  • Inciter la maîtrise d’ouvrage à l’usage du numérique dans les procédures de marchés publics ;
  • Accompagner les petites structures dans l’utilisation du numérique ;
  • Démontrer l’efficacité du numérique à toutes les étapes de l’acte de construction, puis en phase d’exploitation, de maintenance, d’entretien et de rénovation ;
  • Prouver l’utilité de l’outil en communiquant sur les gains obtenus en termes de coûts, de qualité, de productivité et sinistralité ;
  • Développer l’appropriation des outils numériques pour la gestion de la phase d’exploitation (DOE et DIUO numériques, carnet numérique de suivi et d’entretien) ;
  • Mettre le bâtiment numérique au service de l’habitant avec le carnet numérique de suivi et d’entretien ; • Adapter les formations initiales et continues ;
  • Assurer l’interopérabilité des outils ;
  • Mener rapidement des actions opérationnelles pilotes ;
  • Préserver la propriété intellectuelle et les droits d’auteur ;
  • Réduire la sinistralité ;
  • Participer au droit numérique.

 

Mediaconstruct

Mediaconstruct (créée en 1989) est une association (loi 1901) de professionnels qui a pour vocation de soutenir, sur le plan national, le développement de la transition numérique sur l’ensemble de la filière bâtiment.

Elle a trois objectifs principaux :

1. L’usage de la maquette numérique du bâtiment

2. Les échanges de données du bâtiment entre acteurs, grâce à la norme ISO-IFC

3. Le développement de l’openBIM en France

 

Normes d’échanges

Le format IFC (Industry Foundation Classes) est un format de fichier orienté objet, destiné à assurer l’interopérabilité entre les différents logiciels de maquette numérique. Il s’agit d’un format libre et gratuit qui se veut être le garant d’un « Open BIM ». [NORME ISO 16739 (2013)]

COBIE (Construction-Operation Building information exchange) est un format d’échange, basé sur les définitions des IFC, qui se concentre sur la transmission des informations majoritairement non-graphiques du bâtiment. Il contient toutes les informations nécessaires à l’utilisation et à l’entretien de l’ouvrage. COBIE, que l’on peut comparer à une feuille Excel géante, peut être échangé entre autres aux formats Excel et  XML. NOTE : Un projet de taille modeste va contenir environ 600’000 lignes. Un projet plus complexe comme un hôpital va facilement contenir plus d’un million de lignes.

Open dthX : est un format d’échanges entre les catalogues des industriels, les bibliothèques de données y compris la géométrie (2D, 3D..). Cette dernière est considérée comme un attribut optionnel, comme toutes les autres propriétés et les logiciels métier de la construction. Ce format est en cours de normalisation au sein de la commission de normalisation Afnor PPBIM/groupe d’experts.

 

Le BIM en action

Le BIM désigne des méthodes de travail, une maquette numérique paramétrique 3D et surtout une base de données relationnelle qui contient des données structurées (big data) permettant des partages d’informations fiables tout au long de la durée de vie d’un bâtiment ou d’infrastructures, de leur conception jusqu’à leur démolition. La maquette numérique, quant à elle, est une représentation digitale des caractéristiques physiques et fonctionnelles de ce bâtiment ou de ces infrastructures.

 

Objectifs du BIM

• Fluidifier les échanges entre les différents acteurs d’un projet

• Garantir le respect des règlementations (Environnement, thermique, acoustique, résistance, etc.)

• Réduire les coûts des malfaçons et les délais de recette

• Réduire les coûts d’exploitation des ouvrages sur la totalité de leur durée de vie

 

Fonctionnement du secteur du bâtiment

Le secteur du bâtiment fonctionne « en silo » assez étanches. Les informations qui passent d’un silo à l’autre sont ressaisies : Maître d’ouvrage (programme) Architecte (logiciel A) Bureaux d’études (logiciel B) économistes (logiciel C) Entreprises (logiciel D) Exploitants (Logiciel E) Les fabricants de fournitures doivent disposer de catalogues (papier/électronique) susceptibles de s’adapter à tous ces logiciels. Les mêmes informations sont ressaisies de 10 à 15 fois.

Conséquence :

• un coût de non qualité d’environ 8 milliards d’euros en France par an sur les phases conception/réalisation. Estimation : 2 à 3 euros par M2 et par an pour l’exploitation.

• Une empreinte écologique importante : le BTP est le plus gros producteur de déchets

• Transition énergétique : Le BTP est le plus gros producteur de gaz à effet de serre

Le passage aux échanges numériques (normés) permet un gain de 10 à 15% du prix de la construction et selon les Anglais de 20% du coût global sur le cycle complet.

Afin d’harmoniser les échanges de données entre les acteurs, sous l’égide de l’AFNOR, les professionnels ont élaboré une norme définissant la gouvernance des dictionnaires de données. C’est la norme NF XP P07-150, publiée en décembre 2014 et éditée par le comité de normalisation dit PPBIM (Propriétés produits pour le BIM).

Didier Balaguer, indique que la Grande-Bretagne a imposé COBIE pour les dossiers d’ouvrage exécuté numérique(DOE). En France il n’y a aucune obligation. Cette obligation apparaîtra lorsque l’écosystème concerné sera mis en place…La France du BTP est tellement multiforme, tellement atomisée que le discours concernant la normalisation et l’intérêt de la transition numérique n’est pas audible.

Note : les grandes entreprises telles que Bouygues, Eiffage, représentent moins de 15% des acteurs. Le monde du BTP est surtout un mode d’artisans et de PME/PMI. Le taux de pratique du BIM en France est de l’ordre de 1 à 3%, en Angleterre de 28% et aux Etats-Unis de 44% selon une étude sectorielle Xerfi de 10/2015. La question de quel type d’usage (utilisation d’un logiciel permettant de faire du BIM ou la réelle mise en œuvre d’un processus collaboratif pour tous) reste posée alors même que les infrastructures d’échange ne sont pas finalisées.

La question de la fluidification des échanges des informations entre les différents acteurs est au cœur de la problématique BIM. Il est nécessaire que les bibliothèques, les catalogues des fournisseurs puissent être interfacés avec l’ensemble des logiciels utilisés. Il est indispensable de développer un climat de confiance pour que les bases de données et les outils utilisés soient interopérables et que les informations numériques soient rattachées aux objets physiques.

Les grandes entreprises, les architectes et les bureaux d’études sont acquis à la transition en cours. Par contre les sous-traitants (très nombreux) travaillent encore sur « papier ». C’est une question fondamentale que doit résoudre ce secteur. Elle prendra très probablement de nombreuses années encore. Il existe un autre challenge en la matière : tenir les dossiers à jour, pour d’évidentes questions de rapidité d’intervention, de fiabilité des données (correspondance avec la réalité), de calcul d’impact pour des raisons de maintenance et d’évolution.

Didier Balaguer a donné un exemple significatif. Il concerne la construction d’un immeuble de 30 logements par l’OPH de La Rochelle. 300 000 produits livrés sur chantier, 6000 à 12000 références distinctes, 250 fournisseurs pour un coût de projet de 3,1 millions d’Euros dont 310 K€ d’étude. La constitution de la base de données des informations relatives aux composants du bâtiment utiles à l’ensemble des acteurs sur l’ensemble du cycle de vie de l’ouvrage a été estimée de 30% à 60% des coûts d’étude.

 

Conclusion

En conclusion Didier Balaguer insiste sur le fait que le BIM n’est pas une révolution. Le secteur du bâtiment conserve ses démarches et ses processus, mais chaque étape est enrichie et les échanges facilités. L’expertise reste dans la tête des personnes. La transition numérique transforme les outils individuels en démarche collaborative. Il faut également savoir raison garder. Chaque produit ne peut être associé à une géométrie numérisée, tout détail géométrique ne peut être enregistré car le volume ainsi engendré serait beaucoup trop grand.

La dématérialisation de l’ensemble des données alphanumériques utiles à l’ensemble des acteurs et la fluidité de leurs échanges est une condition à une amélioration effective du travail collaboratif induisant qualité, productivité et une meilleure réponse aux enjeux environnementaux.

 

Intervention de Vincent Barue Vincent Barue a présenté aux participants quelques maquettes numériques concrétisant un des aspects du BIM. Rappelant certains jeux vidéo, la maquette permet de « voyager » à l’intérieur du bâtiment, de l’observer sous différents angles, de générer visuellement et instantanément une vue éclatée permettant de voir avec précision des pièces et des détails intérieurs au bâtiment.

Deux exemples ont été commentés : La réfection de Bataclan et l’agrandissement du Quai d’Orsay.

Vincent Barue a, pour chaque exemple, resitué l’environnement, l’histoire récente, les travaux à effectuer et l’apport du BIM et plus particulièrement celui de la mise en œuvre d’une maquette numérique pour ces deux projets très importants.

Cette soirée a été passionnante à plus d’un titre. Elle a permis de découvrir et d’aborder un sujet très sectoriel. Mettre en œuvre une maquette numérique concrétise les choses et les idées. Les questions importantes sous-jacentes (normes, interopérabilité, diffusion des démarches, évolution des pratiques, gestion des données) se retrouvent bien dans les problématiques générales de la transition numérique, thème central des réflexions et échanges du Club MOA.




Quand l’innovation est au service de la santé

Ce matin dans le 7/9 de France Inter, la journaliste Hélène Jouan a évoqué la naissance d’une startup dans le domaine de la santé qui a développé une application permettant d’éclairer le consommateur sur ses achats alimentaires…

Yuka logo

Yuka propose une application mobile (déjà disponible sur iPhone et prochainement sur androïd) qui permet d’analyser l’impact sur la santé des produits que nous consommons. L’application déchiffre les étiquettes, permettant au consommateur de distinguer les produits qui sont bénéfiques pour la santé et ceux qu’il est préférable d’éviter.

Mieux ! Lorsque le produit examiné représente un degré de nocivité non négligeable pour la santé, Yuka propose un produit de meilleure qualité.

L’évaluation proposée par Yuka est indépendante de toute influence et de lobbying. Elle se base sur 3 critères:

  • Qualité nutritionelle (60pts)
  • Additifs (30pts)
  • Dimension biologique (10pts)

Si comme certains auteurs le pensent, nous sommes ce que nous mangeons, chacun pourra se réjouir de cette possibilité de manger mieux en bénéficiant de l’assistance de cette application mobile.

Nous pouvons donc louer cette initiative portée par Julie Chapon et François et Benoit Martin, appuyés par le Professeur Serge Hercberg de l’UFC Que Choisir ou de labels comme Eurofeuille ou AB.

Une société qui mange mieux, c’est une société qui se porte mieux et qui est plus heureuse ! C’est aussi une société qui réalise des économies car le lien entre l’alimentation et de nombreuses maladies chroniques a été maintes fois mis à l’index…

Reste à savoir combien de temps les industriels (adeptes de l’huile de palme et autres composants susceptibles d’être nocifs pour l’organismes) mettront à s’adapter pour prendre compte les attentes des consommateurs éclairés…

Chaque citoyen peut apprécier une telle initiative et espérer que la prise de conscience qui sous-tend la création de cette jeune entreprise soit également intégrée dans les programmes politiques, pour qu’à terme la transparence sur notre alimentation devienne un principe général.

En effet, qu’il s’agisse des repas proposés dans les cantines scolaires ou les cantines d’entreprise, les cafés et autres restaurants, qu’il s’agisse des boulangeries-pâtisseries qui sont de plus en plus souvent des points de réchaud, trop de points de vente sont hors de tout contrôle des consommateurs et la qualité nutritionnelle de ce qui leur est vendu est trop rarement affichée.

L’innovation au service de la santé de chacun, c’est plus qu’une startup, c’est un projet de société !

 




La transformation du Groupe La Poste : équilibrer l’économique et le social

Club des maîtres d’ouvrage des systèmes d’information

La transformation du Groupe La Poste : Equilibrer l’économique et le social
Dîner/débat du lundi 16 janvier 2017


Conformément à la nouvelle formule proposée par le conseil d’administration du Club, avant d’aborder la partie centrale de notre soirée, une première intervention d’environ quinze minutes a permis à un membre du Club d’exposer brièvement un sujet d’actualité relatif à l’entreprise dans laquelle il travaille.

En première partie de soirée, le Club accueillait donc l’un de ses membres, Isabelle DOAL, Sous-directrice à l’innovation et CafLab au sein de la Direction de l’Evaluation de la Stratégie de la Caisse Nationale des Allocations Familiales (CNAF), a présenté aux participants « La démarche innovation des allocations familiales ».

Innovation à la CNAF

Les Allocations Familiales sont une branche-famille de la sécurité sociale. La branche famille est un réseau de 102 CAF et de 35.000 salariés piloté par la CNAF. La branche couvre 11,8 millions d’allocataires directs et au total 31,1 millions de personnes pour un volume financier de 86,2 milliards d’euros.

Les Allocations Familiales ont amorcé une démarche d’innovation. L’objectif de cette démarche est d’élaborer des services plus adaptés aux besoins et aux usages. Outre la mobilisation du « Design Thinking » pour parvenir à cette adaptation, la démarche soutien et favorise les innovateurs et les innovations locales de son réseau. Elle porte une transformation des façons de travailler qui offrent déjà un premier niveau de gain de performance.

Les premiers projets se sont déroulés sur 2015 et 2016. Projets de services au public issus de « hackathons », conception de politiques publiques (nouvelle politique à l’égard de la jeunesse) par exemple.
La démarche a également pour ambition d’alimenter une communauté apprenante et de préparer l’avenir avec des formations, des échanges, des débats. Parmi ceux-ci, un cycle sur la transformation numérique :
• 1/6/2016 : Le Big Data pour quoi faire ?
• 29/9/2016 : Les MOOCS – pour quoi faire ?
• 9/11/2016 La BlockChain – Pour quoi faire ?
• 26/1/2017 : L’open innovation – pour quoi faire ?

En parallèle un système d’innovation se met en place :
1. Des personnes compétentes : formation et développement d’un réseau de référents sur le territoire
2. Un Lab : le CAFLAB : Organisation de sessions de créativité, espace de prototypage, showroom de réalisations.
3. Un outil collaboratif interne. Evolution de l’espace collaboratif existant, lancement progressif des usages associés.
4. Un outil collaboratif externe.

Les enjeux 2017 : Fabriquer et déployer en tenant compte des contraintes liées au SI et des contraintes juridiques.


En seconde partie de la soirée, le Club MOA a reçu Sonia SCHARFMAN, Secrétaire Générale de la Direction du Numérique et de MEDIAPOST communication.

Le thème de la soirée était : La transformation du Groupe La Poste : Equilibrer l’économique et le social

Introduction

Le Groupe La Poste vit une mutation très profonde, impactée par le digital, l’ubérisation de la relation client, la nouvelle économie des plateformes, les nouvelles formes de concurrence…

La Poste a engagé une profonde transformation de son modèle multi-métiers en 2009 en repensant l’organisation de ses bureaux de poste, en poursuivant en 2012 avec Facteo, la création de la Branche Numérique, le projet « Cap Client 3.0 », etc.

L’enjeu, pour un Groupe qui perd un demi-milliard d’euros de chiffre d’affaire par an, est de transformer son modèle au bon rythme tout en s’assurant que le corps social comprenne, accepte cette transformation et en soit acteur.

 

Le Groupe LA POSTE

Le Groupe « La Poste », c’est aujourd’hui plus de 250 sociétés rassemblant 260 000 collaborateurs dans 5 branches d’activités :

  1. Services-Courrier-Colis
  2. La Banque Postale
  3. GEOPOST
  4. Réseau La Poste
  5. Numérique.

 

Zoom sur la branche numérique

Créée en 2014, la branche Numérique est composée de :

  • la Direction du Numérique (expérience clients, services en ligne, confiance numérique, Direction de l’Innovation et du Développement de Services, transformation interne)
  • et de trois filiales :
    • Docapost (spécialiste de la transformation numérique des organisations)
    • Mediapost Communication (maîtrise des médias digitaux et traitement des datas)
    • Start’inPost (accélérateur industriel de start-up).

Elle rassemble environ 5000 collaborateurs et a réalisé un chiffre d’affaires global de 560 millions d’euros en 2015.

Véritable acteur de l’accélération de la transformation numérique du Groupe et du développement de chiffre d’affaires, la branche numérique a trois missions clés :

  1. Mettre ses expertises au service du Groupe et des branches : développement de nouvelles offres (telles que FACTEO, DIGIPOST ou encore le compte client unique), centre d’expertise de méthodes agiles et d’architecture ouverte, innovation, transformation numérique interne avec la « DRH-Groupe ».
    Dans ce cadre, elle est en charge de la politique « data » du Groupe avec le pilotage du projet prioritaire commun «Connaissance des clients particuliers, pros et entreprises» destiné à unifier les bases de données des différentes entités du Groupe.
  2. Assurer un rôle de réseau de distribution numérique via La Poste en ligne avec une ambition forte de développement de chiffre d’affaires pour les branches.
  3. Gérer une activité économique en propre avec ses deux filiales et son accélérateur de start-ups, DOCAPOST, MEDIAPOST COMMUNICATION et Start’inPost dont le challenge est de développer de nouveaux business numériques en concentrant sa stratégie autour de la data tout en maintenant une stabilité de résultat à horizon 2020.

Environnement

Comme toutes les entreprises, La Poste officie dans un environnement caractérisé par les aspects fondamentaux de la transformation numérique de notre civilisation :

  • Accélération des processus
  • Conversation. Ce qui est dit sur une entreprise prend le pas sur ce qui est dit par l’entreprise
  • Intelligence artificielle et Big data
  • Fin des rentes établies
  • Une société en constante évolution, dont le projet reste à définir
  • La désintermédiation est une réalité pour tous les secteurs d’activité.

Ecosystème d'innovation du groupe La Poste

Changements de modèles

Les nouveaux entrants attaquent en frontal le cœur de métier des entreprises historiques avec de nouveaux modèles économiques. Ils entrent sur des marchés historiques en bénéficiant d’avantages compétitifs solides : nouveaux usages, avantages technologiques, agilité, vitesse d’exécution.

Nouveaux intermédiaires

Ces « pure-players » jouent le rôle d’intermédiaire entre le client et l’activité principale. Ils se positionnent comme le point de contact dans la chaîne de valeur, captent la transaction, et accaparent la donnée client grâce à une qualité de service innovante et souvent multi-marques.

Les OTT

Les OTT sectoriels. Ce sont les nouveaux usages connectés créés au plus près des attentes nouvelles des publics insatiables. Ces acteurs ouvrent un nouveau segment de la chaîne de valeur du secteur et bénéficient d’une position de « 1er entrant »

Au départ La Poste n’avait pas perçu les profonds changements qui s’annonçaient. C’est lorsque les volumes ont commencé à baisser de façon significative que la réaction s’est amorcée.

Pour disposer de l’intégralité du compte-rendu vous devez être membre du Club…

 

 




Innovation, transformation numérique et responsabilité sociale

Chers membres du Club, sympathisants et lecteurs,

A l’aube de la nouvelle année, il est de tradition d’échanger quelques voeux.

Aussi lors de notre soirée de rentrée, ce lundi 16 janvier 2017, je me suis d’autant plus volontiers livré à cet exercice que je suis très heureux de pouvoir partager ces moments d’amitié sincère.

Ainsi, avant de laisser la parole successivement à Isabelle DOAL (CNAF) pour un court exposé sur les points clefs des projets dans lesquels elle est impliquée au profit de la CNAF, puis à Sonia SCHARFMAN (groupe La Poste) pour l’exposé principal de notre dîner débat, j’ai pris le temps de présenter quelques voeux pour le Club.

Le club MOA vous souhaite une excellente année 2017Au nom du conseil d’administration (Michèle THONNET, Lionel PLOQUIN, Christophe PARACHINI, Philippe MONTAGNIER et moi-même), à tous nos membres actifs, à nos sympathisants, à ceux qui nous suivent sur Twitter et autres canaux sociaux, à tous et à toutes, nous vous souhaitons une très belle année 2017, remplie de moments bonheur.

Avant de formuler des voeux pour cette nouvelle année, un court regard dans le rétroviseur nous invite à reconnaître que la vie du Club a été particulièrement riche en 2016, avec en guise de conclusion (et d’ouverture pour 2017) une journée d’étude sur l’innovation que l’ensemble des participants a apprécié.

La densité de cette année 2016, nous la devons d’abord à nos membres actifs pour leur soutien et leur engagement au profit du Club: Ministère de la Défense (SGA), Ministère des finances (DGFiP), Ministère de la santé, Banque de France (DOSI), Groupe SMA (DOML).

Cette dynamique collective découle des suggestions thématiques et interventions de chacun qui permettent un enrichissement mutuel à l’occasion des échanges organisés lors de nos rencontres. Toute l’équipe du conseil d’administration espère que 2017 nous permettra de préserver voire d’amplifier les effets bénéfiques de nos rencontres et nous apportera, notamment grâce aux activités du Club, de nombreux succès dans les projets que nous menons.

Cette dynamique, nous la devons enfin à tous les intervenants que nous remercions chaleureusement car ils contribuent à rendre passionnantes nos soirées.

Je n’oublie pas ceux qui en assurent la préparation, c’est à dire le plus souvent des membres du conseil d’administration, remerciements auxquels nous sommes heureux d’associer Jean-Pierre HUIN, qui nous a apporté en 2016 une aide précieuse.

S’agissant du Club, je formulerai trois voeux :

  • Tout d’abord, que notre Club conserve son dynamisme et si possible l’amplifie. Pour cela, nous savons qu’il y a une fonction “marketing” à créer car, même si les actions à conduire sont bien cernées, il manque aux membres du conseil d’administration le temps nécessaire qu’il serait souhaitable d’accorder à cette fonction. Dans ce domaine, le conseil d’administration a ouvert la possibilité d’initier cette démarche en proposant à un stagiaire marketing/communication d’apporter sa contribution. Avis aux candidats motivés par le digital marketing
  • Ensuite, ceux qui fréquentent le Club depuis plusieurs années savent sans doute que l’association qui porte le Club est née en 1997. Le Club fêtera donc ses 20 ans. Happy birthday !
    C’est sans doute l’occasion d’organiser un événement inhabituel pour marquer ce passage. Nous avons évoqué avec le conseil d’administration l’organisation d’une “conférence” à laquelle pourrait participer environ 100 personnes, à laquelle serait invité notre président d’honneur (Michel VOLLE, fondateur du Club), ainsi que des intervenants enclins à aborder les questions liées à la transformation numérique (sujet commun à la plupart de nos rencontres), avec l’idée que cette combinaison de personnalités, grâce aux échanges et exposés, permette de faire émerger, sinon des idées nouvelles, du moins une conscience mieux partagée de toutes les questions sous-jacentes à cette transformation majeure qui touche la société tout entière.
  • Enfin, mon troisième voeux concerne le rôle que chacun d’entre nous peut jouer en dehors du Club, notamment s’agissant des enjeux sociaux liés à cette transformation du monde.

    Illustration responsabilité sociale
    Pour une évolution responsable de la société

    Peut-on en effet rester insensible à la lecture d’articles comme celui paru ce lundi dans le journal (Les Echos du 16/01/2017 – article) : 8 personnes pèsent financièrement autant que la moitié la plus pauvre de la population mondiale (3,6 Mds de personnes) ?
    Que penser de la posture de l’autruche comme réponse aux questions posées par des sujets comme la robotisation ou la montée en puissance de l’intelligence artificielle dont l’impact sur le marché de l’emploi s’annonce considérable ?
    Plus que jamais, par notre capacité à analyser les impacts potentiels des projets dans lesquels nous sommes partie prenante, par notre capacité à donner les bonnes informations aux décideurs, nous avons le pouvoir de contribuer au meilleur usage des technologies qui émergent presque chaque jour, en prenant en compte cette dimension sociale.

Je (re)lisais il y a quelques jours un livre qui s’intitule « Le petit traité des grandes vertus », écrit par le philosophe André COMTE-SPONVILLE, où il explique assez bien qu’il y a une contradiction entre la solidarité intrinsèque qui lie tous les habitants de la planète et la concurrence qui s’exerce sur le plan économique. Notre conscience doit nous amener à fixer des limites dans les actions que nous menons. Nous devons savoir jusqu’à quel point nous sommes au service des gains de performance, au service de la compétition et jusqu’où aller pour ne pas empiéter sur la nécessaire solidarité vis-à-vis de l’autre car que nous le voulions ou non, nos destins sont liés…

En vous souhaitant une excellente année 2017,

Amicalement,

Jean-Yves LIGNIER

Président du Club des maîtres d’ouvrage des systèmes d’information

 




Innovation camp

Sujet majeur de la transformation des entreprises publiques ou privées à l’ère de la digitalisation du monde, il était naturel de consacrer une place toute particulière à l’innovation en organisant une journée d’étude.

Cette journée d’étude s’est déroulée le 2 décembre 2016 au sein de la Caserne de la garde républicaine (Quartier des Célestins). Elle a été précédée d’une soirée de préparation le 14 novembre 2016 à l’Aéroclub de France.

Le Club remercie le général de division Damien SRIEBIG, commandant de la garde républicaine, sans qui l’organisation de cette journée n’aurait pu être possible, ainsi que Séverine HERLIN (fondatrice de la société VIANEO) dont la maîtrise des questions liées aux processus d’innovation était indispensable à l’animation de la soirée de préparation et à la journée d’étude.


Illustration des concepts autours de l'innovation
L’innovation implique la maîtrise de plusieurs paramètres

Dans le contexte de globalisation où tout s’accélère, une entreprise qui se contenterait d’une position acquise n’a pas d’avenir. Dans ce contexte, par nature complexe et incertain, comment assurer la pérennité de l’entreprise ?
L’innovation constitue l’un des axes pour répondre à ce défi.

Ceci explique pourquoi l’innovation est aujourd’hui dans tous les esprits, dans tous les discours. Inclus dans les valeurs des entreprises, proclamées haut et fort par les dirigeants des grands groupes, le terme d’innovation apparait finalement comme «facile à prononcer, à annoncer» mais «pas facile à mettre en œuvre».

Ce paradoxe tient à la complexité intrinsèque de l’innovation. Il réside dans sa racine même: du latin in (dans) et novare (rendre nouveau, renouveler, refaire, restaurer, transformer, changer, innover), l’innovation est l’action d’innover, c’est-à-dire d’introduire quelque chose de nouveau en terme d’usage, de coutume, de croyance, de système scientifique…

Aujourd’hui, nombreuses sont les entreprises qui disent avoir un « service innovation ». En réalité, pour la majorité d’entre elles, ce service est appelé Recherche et Développement et est par conséquent uniquement orienté sur les produits commercialisés par l’entreprise.

Selon une étude de la CCI Paris Ile De France, parue en 2015, la France est au :

  • 6ème rang mondial en matière de R&D (45 Md€ soit 2,26% du PIB)
  • 17ème place en matière d’Innovation.

On comprend ici l’amalgame qui est fait et finalement la position toute relative que prend l’innovation en France.

Pour rappel, selon le manuel d’Oslo, la définition de l’innovation est la mise en œuvre d’un Produit (Bien ou Service), d’un Procédé (nouveau ou sensiblement amélioré), d’une nouvelle méthode de commercialisation, ou d’une nouvelle méthode organisationnelle dans les pratiques de l’entreprise, de l’organisation du travail ou les relations extérieures.

L’innovation est donc bien en réalité à tous les étages et dans tous les silos de l’entreprise.

Ce ne sont pas les gros qui mangent les petits mais les rapides qui mangent les lents » (Eberhard von Kuenheim – Président du Conseil d’Administration BMW).

Ainsi une entreprise, pour exister doit toujours aller de plus en plus rapidement. Les démarches d’innovation sont une des meilleures solutions. Reste à appréhender comment l’organisation exploite les idées de ses équipes, de ses collaborateurs pour faire avancer l’entreprise.

S’il s’agissait simplement d’inventer, de créer, le problème serait simple à résoudre. Mais pour l’entreprise, dont l’objet est de réaliser des bénéfices, plusieurs difficultés se rattachent à cette problématique de l’innovation. Il s’agit de créer un écosystème favorable (organisation, processus, moyens humains et financiers…) qui fasse émerger des innovations qui permettent à l’entreprise de gagner de la valeur (reconnaissance, marque…) de façon à renforcer sa position ou à gagner de nouveaux marchés.

Pour être totalement complet dans cette analyse, il faut également prendre en compte la possible destruction de valeur: l’innovation est susceptible de mettre en danger l’existant.

Enjeu clef de l’ère numérique, ce thème de l’innovation a été abordé en compagnie de Séverine HERLIN (fondatrice de la société VIANEO) lors de deux rencontres au sein du Club MOA.

  • Le 14 novembre 2016. Un diner-débat a permis de présenter les concepts fondamentaux, d’échanger afin de préparer la journée d’étude.
  • Le Vendredi 2 décembre 2016. L’ensemble de la journée a permis aux participants de réaliser des « travaux pratiques » à partir des projets qui avaient été retenus lors de la soirée de préparation.

Ces projets sont au nombre de trois :

  1. Rester innovant dans le passage à l’échelle (entre POC et industrialisation)
  2. Comment réconcilier la retraite avec les jeunes qui n’y croient plus mais qui doivent cotiser.
  3. Quelle place de la DSI dans les projets innovants.

Le compte-rendu complet est transmis aux membres du Club.




Calendrier des rencontres du Club MOA en 2017

Comme chaque année, le conseil d’administration dresse un calendrier prévisionnel des rencontres prévues.agenda

Pour l’année 2017 vous pouvez le télécharger au format PDF ou simplement consulter les dates ci-dessous.

Pour obtenir des invitations et participer à nos rencontres, adressez une demande par courriel à notre secrétariat : secretariat [at] clubmoa.asso.fr

1er semestre 2nd semestre
16 janvier 3 juillet
27 février
27 mars 11 septembre
24 avril 2 octobre
15 mai 6 novembre
30 juin 4 décembre



Optimiser la gestion des actifs logiciels pour innover

Les entreprises sont confrontées à leur nécessaire transformation. Elles doivent s’adapter à la vague numérique qui déferle sur la société. Les usages et attentes des consommateurs changent et au sein de l’entreprise les employés attendent une évolution de management allant vers davantage de responsabilisation et de collaboration.

Ce nouveau rapport, à l’intérieur de l’entreprise et entre l’entreprise et ses parties prenantes, impose d’être innovant dans ses pratiques et son offre de services et produits.

Dans un contexte où la mondialisation se traduit par une pression concurrentielle croissante, comment trouver de l’oxygène financier pour engager ces expérimentations qui représentent une dépense nouvelle ?

En 2016 plusieurs articles ont été rédigés pour mettre en évidence les sommes colossales que peuvent représenter la dépense en logiciels :

  • Le logiciel, premier levier d’économies en dépenses IT pour les entreprises (Les Echos)
    • Le logiciel, un poste de dépense central en entreprise
    • Les investissements liés au data center représentent 54% des dépenses logicielles
    • Se prémunir contre le coût caché des appareils mobiles
  • L’inflation des dépenses logicielles et cloud (ELEE)
  • Le coût invisible des logiciels d’entreprise (Les Echos)

Les trois articles évoqués supra étant rédigés par des éditeurs de solutions dans le domaine de la gestion des actifs logiciels, il est permis d’émettre des réserves sur la pleine objectivité des analyses présentées… Toutefois, au-delà du trait potentiellement épaissi, chacun au sein de son organisation pourra se faire une première idée sur les pistes d’économie qu’il est possible de réaliser dans ce domaine.

 

En complément, il convient de s’intéresser à la question du logiciel libre ainsi qu’aux formats ouverts car ils apportent davantage d’interopérabilité, contribuant ainsi à l’émergence d’acteurs nouveaux et garantissant dans la durée la réutilisation de la donnée.

Sur cette question, l’Etat est régulièrement amené à s’interroger, non seulement parce qu’il s’agit de dépense publique, mais également parce que, notamment dans sa démarche opendata, il doit s’efforcer de partager le capital immatériel que représentent les millions de données traitées dans ses applications et stockées dans ses datacenters.

Il n’est donc pas étonnant que l’April se soit intéressée à cette question. Mais ces informations compilées se retrouvent également sur d’autres sites comme celui de numerama qui avait pointé en 2013 que l’Etat avait dépensé 1,5 milliard d’euros en 5 ans pour des logiciels propriétaires (article).

 

 

La gestion des actifs logiciels, équivalent français du terme anglais software asset management (SAM), est une pratique de management qui consiste à gérer et à optimiser l’achat, le déploiement, la maintenance, l’utilisation et l’élimination des actifs logiciels au sein d’une organisation. D’après Information Technology Infrastructure Library (ITIL), elle est définie comme « …all of the infrastructure and processes necessary for the effective management, control and protection of the software assets…throughout all stages of their lifecycle ». Ses objectifs sont de réduire à la fois les risques commerciaux et juridiques d’une part, et les coûts d’autre part tout en maximisant le service rendu.

La gestion des actifs logiciels est un sous-ensemble de la gestion des actifs informatiques (IT Asset Management) qui fait maintenant l’objet de la norme ISO/IEC 19770.

Source: wikipédia

 




Formats ouverts, logiciels libres et écologie numérique !

La montée en puissance de systèmes d’exploitation libres Unix-like (Linux, FreeBSD…) à partir de la fin des année 1990 a débouché sur une présence industrielle. Ils sont devenus les systèmes de référence des grands acteurs de l’hébergement et des offres en cloud computing.
Cette percée significative côté serveurs est en revanche marginale sur le marché du poste de travail, caractérisé par l’écrasante domination de Microsoft, avec une part non négligeable pour Apple (doté de MAC-OS basés sur FreeBSD) et une fraction négligeable de parts de marchés pour les autres, parmi lesquels on retrouve différentes variantes basées sur Linux (Ubuntu, Suse…) ou sur une souche BSD (PC-BSD).

Comment expliquer cette différence de succès ?

Une partie de la réponse a été apportée lors d’une série de rencontres organisées en 2008 par le club MOA.

Les dîners du 16 juin, du 8 septembre et du 13 octobre avaient en en effet permis d’aborder le thème du logiciel libre sous différents angles.
Au cours de chacun de ces dîners, les intervenants se sont succédé pour présenter une approche ou un aspect du logiciel libre.
Nous avions ainsi reçu successivement :
– l’AFUL, Association Francophone des Utilisateurs de Logiciels Libres (Thierry STOEHR, son président et Laurent SEGUIN, membre de son conseil d’administration) ;
– la Gendarmerie Nationale (Xavier GUIMARD) ;
– la communauté OpenOffice-France (Sophie GAUTHIER) ;
– le Ministère de la défense (Jean-Paul DEGORCE-DUMAS) ;
– et la DGME (Hervé LE BARS).

De ces débats, il était ressorti que la démarche visant à accroître la place du logiciel libre constitue un changement de paradigme.

L’acte d’achat/location implique intrinsèquement une contrepartie (qualité, sécurité, support…), en plus du service rendu par la solution logicielle. D’une certaine manière, l’entreprise se « décharge » de la fabrication d’un « outil » pour concentrer ses efforts sur l’usage et la valeur qu’elle peut développer grâce à cet outil.

Pour une grande organisation, publique ou privée, ce changement ne peut s’opérer sans tenir compte tenu du poids des grands acteurs en terme de lobbying (pression directe sur les décideurs) et impose une démarche projet solide ainsi qu’une étape de transition et un accompagnement des équipes techniques et des utilisateurs.

Demander à un DSI de porter seul un tel projet, c’est l’exposer à un pic d’impopularité car l’utilisateur final n’est pas spontanément prêt à fournir un effort pour s’habituer à un nouveau logiciel qui n’apporte pas de fonctionnalité directement utiles à son niveau.
Cela rejoint d’une certaine manière les questions de responsabilité sociétales. La plupart des citoyens se sentent concernés par les questions de pollution, mais combien sont prêts à modifier de façon significative leur propres comportement ?

Les logiciels libres, les formats et standards ouverts constituent le socle de l’écologie numérique. Ils apportent un gage de pérennité et d’interopérabilité pour les générations futures. Il s’agit d’un choix stratégique et vertueux à plusieurs égards, et pourtant…




Les plateformes ouvertes au cœur de la stratégie numérique des services publics

France connect, une nouvelle impléentation de l'Etat-plateforme à la française
France connect, une nouvelle impléentation de l’Etat-plateforme à la française

Lundi 6 juin 2016 le Club MOA a reçu Sylvie BILLARD de la DINSIC. Avec elle, nous avons abordé le sujet des “plateformes” qui accompagnent le développement de l’économie collaborative.
En premier lieu, l’État lui-même est concerné car, d’une part, il n’est pas en mesure d’assurer seul et selon une vision centralisée la mise à disposition de tous les services attendus par les administrés (citoyens, entreprises…) et, d’autre part, l’Etat n’est plus nécessairement légitime dans les initiatives qui doivent être portées par la manifestation d’un besoin.

Le projet dit de « l’État plateforme » est ainsi apparu comme un élément essentiel de la stratégie numérique de l’État. Le projet Etalab (data.gouv.fr), initialement impulsé par Henri Verdier (actuel directeur de la DINSIC) est ainsi devenu (non sans combats) une des premières implémentations de l’État plateforme, en permettant notamment de décloisonner les données de l’administration pour offrir de meilleurs services publics numériques aux citoyens.

1 Introduction : Un monde des API

Nous sommes entrés dans une “économie des API”, basée sur la distribution de services web interconnectés. Les GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple…) ont construit des infrastructures basées sur des API qui leur ont procuré un avantage compétitif jusqu’alors inconnu. Les NATU (Netflix, Airbnb, Tesla, Uber…) affichent une croissance plus vertigineusement encore, parce qu’ils bâtissent leurs services sur les infrastructures de leurs ainés (magasins d’applications qui leur épargnent d’inventer leurs solutions de distribution, services de gestion d’infrastructures nuagiques d’Amazon, de paiements…) sans se préoccuper de leur évolution et de leur exploitation.

Dans certains secteurs d’activité ces entreprises bouleversent l’ordre établi. C’est par exemple le cas dans le secteur du transport où les compagnies de taxis n’avaient pas anticipé l’émergence de nouveaux modèles comme ceux portés par la société Uber.

Et l’Etat dans tout ça ? Peut-il être “ubérisé” ? Où en est sa transformation numérique ?

L’Etat s’inspire de ces bonnes pratiques. Cependant, l’association anarchique de micro-services ne produira, pas davantage que par le passé, de cohérence surtout dans un contexte aussi complexe que celui des services publics. La transformation numérique de l’Etat implique plus que jamais une stratégie claire et une démarche d’architecture globale et d’accompagnement.

L’Etat s’inspire des bonnes pratiques du privé…

  • en définissant sa stratégie Etat Plateforme ;
  • en mettant en place le Réseau Internet, l’infrastructure nuagique, l’écosystème de confiance “FranceConnect” d’identification/authentification des personnes et de sécurisation des échanges de données personnelles, le Magasin d’API et de Services de l’Etat “api.gouv.fr” ;
  • en étudiant la mise en place d’un Réseau social, de messagerie et d’outils collaboratifs de l’Etat tout en fixant le cadre d’usage…
  • en publiant les référentiels généraux de sécurité, d’interopérabilité et d’accessibilité, ainsi que les cadres communs d’architecture et d’urbanisation ;
  • en organisant un écosystème favorable à l’innovation conjuguant, au-delà de l’apport budgétaire notamment du Programme d’Investissement d’Avenir, les facteurs de succès des modèles étrangers, à savoir :
    • une culture entrepreneuriale pour faciliter la prise de risque, appréhender l’échec comme vecteur d’apprentissage et rechercher des résultats concrets à partir d’un produit opérationnel ;
    • le goût de l’excellence qui implique l’alignement sur l’état de l’art tant méthodologique que technologique, car les agents du secteur public ont une obligation morale d’excellence vis-à-vis de leurs concitoyens et contribuables ;
    • un maillage entre les acteurs, dans le cadre duquel les hiérarchies qui doivent se focaliser sur la stratégie et non la gestion, sur l’accompagnement du changement et non l’application de la réglementation, sur la confiance et responsabilisation de leurs agents et non brider leur créativité ;
    • un environnement ouvert où les administrations collaborent entre elles et avec leur environnement (centres de recherche et de formation, entreprises et startups, think tanks et associations ou simples usagers…), ce qui implique de nouvelles méthodes de travail et de nouveaux outils collaboratifs ;
    • des initiatives favorisant les défis, l’innovation et l’émulation dans un état d’esprit bienveillant, ce qui implique de nouvelles méthodes d’accompagnement des équipes.

Pour ce faire, les services du Premier Ministre ont mis en place -entre autres- le dispositif d’Accompagnement à la Transformation Numérique de l’Administration, ATéNA.

2 Focus sur la stratégie de l’Etat plateforme

Les enjeux auxquels répond la stratégie Etat Plateforme

  • Focaliser la conception des services publics autour des besoins et des situations des usagers.
  • Faciliter la circulation de la donnée et permettre à l’usager la maîtrise des données échangées quand il s’agit d’informations personnelles.
  • Favoriser l’émergence de véritables écosystèmes de services publics numériques, auto-organisés, ouverts à tous les acteurs publics, associatifs ou privés.
  • Cadrer la diversité des choix technologiques et des architectures.
  • Susciter le changement de paradigme dans la conduite des projets.
  • S’inscrire dans plusieurs démarches lancées au niveau international.

Les acteurs de l’Etat plateforme

  • Les utilisateurs : Les personnes cliquant sur le bouton FranceConnect (particuliers, professionnels…).
  • Les fournisseurs de services : Ils proposent des services en ligne aux utilisateurs (CAF, Mairie, Autres sites de services…). Le fournisseur de services ne connaît pas l’origine du fournisseur d’identité utilisé.
  • Les fournisseurs d’identité : Ils garantissent l’identification et l’authentification d’un utilisateur (DGFIP, La Poste, Ameli, AIFE…). Le fournisseur d’identité ne sait pas pour quel service il est sollicité. Les fournisseurs d’identité doivent répondre à des exigences de sécurité et de qualité de leurs données.
  • Les fournisseurs de données : Ils fournissent les données personnelles de l’utilisateur à un fournisseur de services (impôt…).

Un univers fédéré d’API avec des espaces de co-construction accessibles à tous

  • Une démarche d’APIsation
  • Le catalogue d’API et de Services https://api.gouv.fr/
  • La base documentaire : http://references.modernisation.gouv.fr
  • Le site d’information : et http://etatplateforme.modernisation.gouv.fr/
  • Une forge (à définir).

3 Focus sur FranceConnect

L’accès aux démarches administratives est souvent contraignant. Il y a parfois autant de comptes usagers que de services publics en ligne. De très nombreux usagers oublient leurs identifiants, la plupart abandonnent la démarche dès qu’ils doivent créer un compte. Les personnes sont souvent irritées de fournir sans cesse les mêmes justificatifs.
FranceConnect est le dispositif d’identification et d’authentification des usagers proposé par l’Etat. Il est totalement gratuit. Il s’appuie sur des informations vérifiées par des services reconnus : DGFiP (Impôts), La Poste, Ameli… appelés “Fournisseurs d’Identité”.
Situation actuelle : déploiement généralisé de la solution avec la volonté d’atteindre 1 000 000 d’utilisateurs uniques en 2016

Les bénéfices de FranceConnect

  • Une connexion facilitée : L’usager choisit son fournisseur d’identité. La vérification de l’identité en ligne de l’usager et son enrôlement sont désormais délégués à un système tiers.
  • Une ouverture instantanée à l’ensemble des services publics “FranceConnectés”, France Connect levant les freins liés à la création de comptes et à l’authentification.
  • France Connect ne stocke aucune donnée usager.
  • Les agents sont moins mobilisés par la gestion des pièces justifiant l’identité des usagers.
  • L’utilisateur contrôle la diffusion de ses données personnelles en donnant son consentement à chaque transfert.
  • eIDAS permet à FranceConnect de dépasser les frontières de la France et de rejoindre l’Europe. La norme définit 3 niveaux d’identification entre les états européens. Les informations circulent entre les différents Etats membres.

4 Focus sur ATéNA

ATéNA est une réponse opérationnelle au rapport de la Cour des comptes sur la transformation numérique qui précise que “La conduite du changement est donc un enjeu majeur. Si l’accompagnement des usagers est nécessaire, celui des agents concernés l’est tout autant” et qui estime que cette dimension est, pour l’instant, “insuffisamment prise en compte dans la démarche générale de modernisation numérique du SGMAP.”
ATéNA s’adresse aux projets mettant en œuvre la stratégie Etat Plateforme, notamment les 21 lauréats des appels à projets gérés par la DINSIC.

ATéNA :

  • propose une vision stratégique (Etat plateforme et FranceConnect), un cadre d’action et un rythme aux porteurs de projet ;
  • accompagne -dans le respect du principe de subsidiarité- les porteurs au plus près de leur projet pour leur permettre de maîtriser les meilleures pratiques relatives aux différentes facettes de la transformation numérique (juridique, technologique, méthodologique…) et ce à chaque étape de maturation (de l’idée au projet, du projet au produit, du produit jusqu’à son déploiement et sa mise à l’échelle) ;
  • facilite les synergies entre les différents porteurs, la mise en cohérence de leurs projets, voire la mutualisation de composants ;
  • agit sur l’environnement des porteurs des projets pour essayer de lever les contraintes et maîtriser les risques (budgétaires, réglementaires, organisationnelles…) à chaque étape des projets.
    Parce que l’échange entre les savoirs et les pratiques est indispensable à l’opérabilité des innovations, au sein d’ATÉNA, les porteurs de projets sont acteurs de leur apprentissage en :
  • participant à la définition, la priorisation et l’organisation du contenu de leur formation ;
  • s’appropriant les apports théoriques des différentes facettes de la transformation numérique par l’expérimentation dans le cadre de leur projet et par l’échange entre eux et avec leurs mentors qu’ils proviennent du SGMAP, d’entreprises privées, de centres de recherche ou de formation.