Le Club de la Transformation Numérique rend hommage à Michel Volle

En cette rentrée, le Club de la Transformation Numérique déplore la disparition brutale de Michel Volle, survenue le 12 juin dernier. Nous perdons un visionnaire, un penseur exigeant et l’un des fondateurs de notre communauté. En 1997, Michel Volle comptait parmi les pionniers qui ont créé le Club des Maîtres d’ouvrage des Systèmes d’information, ancêtre de notre Club actuel. Son empreinte sur nos travaux et notre vision collective demeure indélébile.​

Il a été un architecte de l’informatisation au service de la Nation, avec un goût certain pour la conceptualisation, avec une vision humaniste du numérique. Il était aussi un pédagogue généreux qui aimait partager sa compréhension des systèmes organisationnels, techniques ou humains et appréciait la confrontation des idées.

Michel Volle n’a jamais conçu l’informatisation comme une simple évolution technique, mais comme la troisième révolution industrielle de notre ère, comparable aux bouleversements engendrés par la machine à vapeur ou l’électricité. Polytechnicien, statisticien à l’Insee, puis entrepreneur avec les sociétés Arcome et Eutelis, il a constamment œuvré pour que cette révolution bénéficie à l’ensemble de la société française. Sa contribution à l’organisation de la maîtrise d’ouvrage du système d’information d’Air France avec Christian Blanc et de l’ANPE avec Michel Bernard témoigne de son engagement concret au service des grandes institutions nationales.

Ce qui distinguait Michel Volle, c’était son refus de l’approximation intellectuelle. Il ne se contentait jamais d’observer les phénomènes techniques : il les conceptualisait, établissait des ponts entre les disciplines, articulait statistique, économie et informatique pour produire une pensée cohérente et rigoureuse. Cette exigence philosophique, héritée de son père, l’a conduit à développer le concept d' »iconomie » pour désigner l’économie de la société informatisée et analyser ses implications sur l’emploi, la production et le bien-être collectif.

Michel Volle n’était pas un techno-optimiste naïf. Dans sa postface à Géopolitique d’Internet, il alertait sur les risques d’une informatisation non maîtrisée : mainmise du crime organisé, atteintes à l’État de droit, retour à des formes néo-féodales de domination. Pour lui, l’urgence était de « civiliser » cet espace nouveau, d’y faire prévaloir les exigences démocratiques et d’assurer que chaque citoyen dispose des connaissances nécessaires pour devenir un « e-citoyen » éclairé. Son combat était celui d’une informatisation qui procure « efficacement le bien-être matériel à la population tout en employant la totalité de sa force de travail »​

Au-delà de ses livres et de ses 1241 billets de blog, Michel Volle a créé et animé plusieurs groupes de réflexion collective : le Club des Maîtres d’ouvrage, l’Institut Xerfi, l’Institut de l’Iconomie (interaction de l’informatique et de l’économie). Homme discret et distingué, il était toujours de bon conseil, prodiguant son savoir avec générosité à des dizaines de professionnels et chercheurs. Il programmait lui-même pour comprendre réellement l’informatique dont il parlait, refusant toute posture d’expertise superficielle.​

Les idées de Michel Volle n’ont sans doute pas été entendues autant qu’elles auraient dû l’être, peut-être parce qu’elles bousculaient trop de positions établies, et parce que le changement impose des remises en question et du courage pour affronter l’inconfort. Le Club de la Transformation Numérique s’engage à poursuivre son œuvre en maintenant vivante cette exigence de hauteur de vue, d’analyse rigoureuse et de mise au service de l’intérêt général qui caractérisait sa pensée. Nous continuerons à œuvrer pour que la transformation numérique soit véritablement bénéfique aux organisations publiques et privées qui soutiennent le Club, mais dont les travaux servent plus largement notre société, comme Michel Volle nous y invitait inlassablement.​

Nos pensées vont à son épouse Monique, à ses enfants et petits-enfants.




Intelligence artificielle au service de la sécurité des paiements

Lors de la réunion du lundi 11 décembre Alexandre David CEO de Heptalytics – IA sécurité paiements nous a présenté un cas d’usage de l’intelligence artificielle, dans le cadre de la lutte contre la fraude.

Il ressort de la présentation que les solutions actuelles sont insatisfaisantes car :

  1. Les clients sont mécontents de voir leur transactions parfois en attente pour quelques jours alors qu’il n’y a aucun problème.
  2. Les banques sont submergées par la lutte contre la fraude avec des augmentations à deux chiffres, en valeur et en volume des transactions suspectes, et surtout des tentatives de fraudes liées à l’ingénierie sociale.

Après un bref panorama sur la fraude, et quelques exemples vécus, Alexandre a présenté les différents modèles d’intelligence artificielles qui sont mobilisés pour lutter contre la fraude. 

La solution qui a été développée par sa société active différentes briques d’IA pour identifier spontanément les signaux d’alertes et identifier la fraude. 

Ce qui parait intéressant c’est que la démarche est en rupture avec les outils existants qui sont bâtis sur des moteurs de règles. De fait, l’intelligence artificielle permet d’afficher une efficacité impressionnante.

D’après les retours opérationnels partagés pendant la soirée, la solution permet une amélioration de la capacité de détection de la fraude de 30 à 50 %, et aussi une amélioration de la productivité des opérationnels de 50 à 70%.

La réunion débat s’est terminée par un quizz sur les différents cas d’usages et les notions évoquées en cours de soirée.

Une très belle soirée pour clôturer l’année 2023 !




Robert Vesoul

Robert Vesoul est un cadre chevronné qui possède une solide expérience dans les domaines de la haute technologie, de la technologie numérique et de la stratégie. Actuellement PDG et cofondateur d’Illuin Technology, il se concentre sur la mise en œuvre de projets technologiques à grande échelle avec une approche centrée sur le client. Illuin Technology, sous sa direction, relève les défis de l’intelligence artificielle, en se spécialisant dans l’apprentissage automatique, les applications conversationnelles et les architectures de micro-services.

En dehors de son rôle dans l’entreprise, Robert est codirecteur de la chaire d’innovation numérique à CentraleSupélec, où il a lancé l’Année de la technologie numérique, un programme de spécialisation pour les ingénieurs à haut potentiel, qui leur enseigne les compétences en IA et en génie logiciel. Cette initiative fait le lien entre le monde académique et le monde de l’entreprise, en formant des entrepreneurs du numérique pour la révolution numérique en cours.

Photo de Robert Vesoul (à droite) le 23/11/2023 à la maison des X, avec Pascal Le Goff
Photo de Robert Vesoul (à droite) le 23/11/2023 à la maison des X, avec Pascal Le Goff

Son engagement s’étend à Time for the Planet, dont il est l’un des associés. Cette entreprise à mission vise à rassembler 1 milliard d’euros pour déployer 100 innovations luttant contre le changement climatique, en promouvant l’esprit d’entreprise, l’intelligence collective et les principes de l’open-source.

Avant de rejoindre Illuin Technology, Robert a été PDG de ST Groupe pendant plus de 13 ans, dirigeant des activités de conseil en transformation numérique, des projets d’innovation ouverte et du développement full-stack. Il a également travaillé chez Randstad et Dafsa.

Outre ses activités professionnelles, il participe à des initiatives dans les domaines de l’éducation et de l’environnement, ce qui témoigne de son leadership multidimensionnel et de son engagement en faveur de l’innovation et du changement positif.

(Source : LinkedIn)